La courbe de l'oubli

DaliPersistenceMemoire.jpgUn rêve sans étoiles est un rêve oublié. (Paul Éluard)

Ceux qui comptent sur la mémoire jouent avec le feu. Car le cerveau consume l’information avec une efficacité infernale. Par conséquent, les élèves n’ont pas seulement besoin de méthode pour optimiser la mémorisation, mais aussi de motivation. Tant mieux si on peut faire d’une pierre deux coups en utilisant la courbe type d’oubli pour les conscientiser à l’importance de la méthode (Smartkit : Learning Strategies: How one study tip can dramatically improve your memory).



    LearningCurve.jpg

Comme spécialistes de l’apprentissage, toutefois, nous devons nous rappeler que plusieurs facteurs influent sur la mémorisation (réactivation, complexité, représentation, affectivité, stress, sommeil). En plus de l’illustration ci-dessus, on trouve sur la Toile d’autres modèles plus détaillés ou complexes de la courbe d’oubli :

Il serait intéressant d’évaluer dans quelle mesure les blogues favorisent la mémorisation. De prime abord, je dirais que plusieurs caractéristiques des blogues favorisent la mémorisation :

    - la proximité du phénomène : on blogue généralement à propos d’événements récents, donc plus frais à la mémoire;


    - la pertinence : quand on se donne la peine de bloguer, c’est parce que le sujet revêt une émotivité et un intérêt particulier; l’emphase est mise sur l’essentiel plutôt que sur les détails;


    - l’écriture : je crois savoir que l’écriture est plus propice à la mémorisation que l’écoute ou la lecture;


    - la réflexion : la processus d’analyse-synthèse active les connaissances antérieures et établit des liens entre les concepts;


    - la réactivation : les commentaires émanant de la communauté et le moteur de recherche (du point de vue du blogueur) sont deux fonctions qui ramènent les sujets à l’esprit;


    - la connectivité : non seulement l’itération des idées sur la Toile renforce-t-elle les connaissances, mais les hyperliens contribuent au maillage des connaissances;


    - la validation de l’information : la publication entraîne généralement une hausse de la qualité de l’information; elle sera généralement précédée d’une réflexion et d’une recherche d’informations; en outre, les commentaires, qu’ils soient positifs ou négatifs, contribuent à la validation.
    BloguesMemorisationSmall.jpg
    (cliquez sur l’image pour un agrandissement)

Il faudra que je me rappelle ce billet à l’automne quand je présenterai les blogues aux élèves. Heureusement, les nouvelles technologies de l’information sont de fameux aide-mémoire ;-)

Mise à jour, 3 juin 2007 | Quelques modifications ont été apportées au schéma.

(Image thématique : La persistance de la mémoire, par Salvador Dali)


Par ricochet :

Techniques de mémorisation

La mémoire des couleurs chez les enfants

6 qualités des connaissances mémorisées


Blogue ou eportfolio (Mario tout de go)

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5 réponses

  • Intéressant, ce billet, François ! Moi qui n’écris jamais dans mon agenda, et ce, depuis au moins 12-15 ans… et qui me fie à ma mémoire ! Sachant qu’elle est généralement assez bonne, je risque cependant à chaque jour d’en oublier « une » un moment donné. Je dois donc aimer vivre dangereusement ;-)

  • Une mémoire qu’on exerce intensivement tous les jours est certainement moins labile :-)

    La courbe de l’oubli, illustrée plus haut, m’a immédiatement rappelé une étude que Tony Flatley avait présentée, au tout début du P.E.I., pour justifier l’utilisation des cahiers de synthèse. À l’époque, les élèves faisaient une synthèse du cours précédent au début du cours suivant, histoire de réactiver la mémoire. Les synthèses étaient obligatoires et se faisaient religieusement. Inutile de dire que l’écoeurite qui a suivi a vite eu raison de leur foi.

  • J’espère que ça fonctionne parce que la majorité des billets que j’écris c’est dans l’optique de laisser un trace plus profonde de ce que j’ai lu ou pensé ! Dans mon cas, je penses que bloguer m’aide à mémoriser ce que j’apprends !

  • Je constate, pour ma part, que je ne mémorise pas tant le détail des choses, car je fais beaucoup moins de par coeur, mais que j’ai une meilleure compréhension globale des choses, incluant l’interaction entre les choses. La mémorisation semble implicite plus qu’explicite. Mais peut-être cela est-il causé par le flot incessant d’information que mon cerveau doit traiter avec les nouvelles technologies.



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