Élèves suspendus pour un site hargneux


GoyaTroisMai.jpgLe grade confère autorité et non supériorité.
(Jean-Paul Sartre)

Cinq élèves de l’École secondaire de Neufchâtel sont suspendus pour avoir tenu des propos fielleux à l’endroit du Programme d’éducation internationale qu’ils fréquentent et de certains membres de l’administration (Le Soleil : Cinq élèves suspendus). Une fois de plus, la direction d’une école montre son ignorance de la dynamique des réseaux, des jeunes, voire de l’éducation. Par un concours de circonstances, je me trouve mêlé à cette histoire, certains des élèves concernés étant intervenus sur un billet antérieur dans lequel je critique le P.E.I. Dans un article d’appoint, on rapporte certains de mes propos (Le Soleil : Des jeunes capables de s’exprimer très convenablement). Une mise au point s’impose, mais surtout une analyse des événements.

Résumons d’abord les faits, à partir de ma cour. En février 2006, donc, je publie un billet dans lequel je porte un jugement critique sur les contraintes administratives qui mènent inexorablement à la stagnation des Programmes d’éducation internationale, du moins au Québec. À partir du 29 mars dernier, ce billet a repris vie à la suite de plusieurs commentaires émis par des élèves du P.E.I. de Neufchâtel. Le premier commentaire ayant été rédigé dans le malheureux langage des jeunes, je suis intervenu pour corriger deux mots inappropriés, conformément à mon éthique des commentaires. Ayant compris le message, ce qui est tout à leur honneur, j’ai ensuite entretenu un échange civilisé avec les élèves en question, ce que n’a pas manqué de souligner Le Soleil.

Certains me lapideront d’avoir entretenu la discussion. Soit. Mais je prends mon rôle de citoyen et d’éducateur à coeur. J’ai le plus grand respect pour les jeunes. J’ai appris que le dialogue est plus constructif, dans le sens du constructivisme, que l’indifférence, le rabrouement ou la répression. Par ailleurs, je suis issu d’une culture anglophone qui valorise l’intervention civique plutôt que le laisser-faire.

Je déplore l’incivilité qui se répand dans internet comme une nappe de pétrole. J’en ai d’ailleurs fait état récemment. Je suis de ceux qui croient qu’il faut rendre à internet une partie de tout ce qu’il nous apporte. Dans cette affaire, je sais gré à Carl-Frédéric et à Sylvain, Mario et Gilles d’en faire de même. Leurs points de vue sont très éclairants. Tout comme eux, je réprouve les injures et les menaces que les jeunes ont pu exprimer. La communication est un art qui ne souffre pas les torchons quand elle se fait publique. Toutefois, Gilles a raison de préciser qu’il faut mettre tout cela dans le contexte des adolescents.

Dans cette histoire, on ne saurait blâmer la direction de l’école d’intervenir promptement pour corriger la situation. Manifestement, il y a ici deux problèmes : un problème provisoire, en l’occurrence les frasques des élèves suspendus, et un problème de fond, soit l’insatisfaction des élèves par rapport à leur éducation et le conflit avec la direction. Espérons qu’on ne se contentera pas de corriger seulement le premier. Quand des élèves « triés sur le volet », au dire de la porte-parole de la Commission scolaire de la Capitale (Le Soleil : L’élève trahi par des conversations de corridor), manifestent tant de véhémence généralisée, c’est que la situation est grave.

J’ai trop souvent vu des directions d’école étouffer des problèmes internes pour ne pas craindre une répétition de cette stratégie. Les directions d’école doivent être tenues imputables des promesses qu’elles font miroiter aux parents et aux élèves au moment de l’inscription. La concurrence des écoles privées a obligé les écoles publiques à mettre sur pied des campagnes de marketing pour attirer les élèves. Cette rivalité explique d’ailleurs en grande partie l’essor fulgurant du Programme d’éducation internationale dans plusieurs écoles du Québec. Mais promettre une éducation, ce n’est pas comme vendre des hamburgers. On joue avec l’avenir des jeunes.

Voyons un peu ce que le site de l’École secondaire de Neufchâtel nous apprend. Quoique le projet éducatif de l’école ne soit pas affiché, voici quelques extraits de la mission de l’école et de son Programme d’éducation internationale :

Mission : Permettre à l’élève de maximiser son potentiel tout en construisant une relation de confiance avec le personnel enseignant et les différents intervenants de l’école. Chez nous, on étudie avec plaisir et les parents sont associés de près à la démarche éducative de leur enfant.

À ce sujet, la direction de l’école semble avoir failli sur trois plans. D’abord, elle a échoué dans la construction d’une « relation de confiance » entre les élèves et la direction. De plus, il est évident que plusieurs n’y étudient pas « avec plaisir ». Enfin, les élèves suspendus rapportent que les parents ont de la difficulté à se faire entendre de la direction.

Notre programme d’éducation internationale (PÉI) est un véritable parcours pour l’explorateur qui souhaite [...] acquérir l’autonomie nécessaire pour être mieux préparé à gérer les changements de son milieu [...] Au cours de ce périple aussi amusant qu’enrichissant, l’élève prend conscience du monde qui l’entoure à travers la diversité de l’enseignement qu’il reçoit.

« acquérir l’autonomie nécessaire pour être mieux préparé à gérer les changements de son milieu » : c’est précisément ce que les élèves ont tenté de faire, quoique bien maladroitement. « Au cours de ce périple aussi amusant qu’enrichissant » : sans commentaire.

On n’aura aucune difficulté, en outre, à citer l’O.B.I. pour défendre l’action des jeunes, sans pour autant sanctionner leurs propos. Je retiendrai, par exemple, cet extrait du programme du 1er cycle du secondaire :

« il s’agit d’aider les élèves à distinguer les rapports entre les disciplines scolaires et le monde extérieur, de leur apprendre à associer les connaissances utiles à l’expérience et à la pensée critique afin de résoudre des problèmes réels. »

Toutefois, l’O.B.I. ne manque pas de souligner l’importance de l’éthique dans l’action :

Au-delà de la rigueur intellectuelle et du niveau élevé des programmes,le BI met fortement l’accent sur les idéaux de la compréhension internationale et de la formation de citoyens du monde responsables,pour faire en sorte que les élèves qui suivent ces programmes fassent preuve d’une pensée critique et d’une attitude bienveillante envers autrui,qu’ils continuent à apprendre tout au long de leur vie et qu’ils participent de façon éclairée aussi bien à la vie locale qu’aux affaires mondiales,étant conscients d’appartenir à une communauté humaine qui unit tous les peuples,tout en respectant la diversité des cultures et des attitudes qui sont la richesse de la vie.

Les lacunes de la direction n’excusent pas les fautes des élèves. Néanmoins, elle doit admettre ses difficultés si elle veut retrouver sa crédibilité. D’une part, une direction d’école doit être au fait du degré de satisfaction des élèves. Si elle avait institué un mécanisme d’évaluation du programme par les élèves, les choses n’auraient probablement jamais dégénéré de la sorte. Il est également du rôle des éducateurs d’être conscients de la nature des élèves, du développement du cerveau et de la manière dont les jeunes changent.

Quiconque connaît les adolescents sait que leurs jugements hâtifs et égocentriques mènent à des écarts de conduite. Le langage déplorable que les jeunes ont utilisé n’est que celui qu’ils utilisent tous les jours à l’école. Dommage que les autorités ne soient pas intervenues plus tôt pour sensibiliser les jeunes à l’éthique citoyenne. À moins d’un délit grave, la suspension n’est pas une mesure initiale, mais ultime. À tout le moins, l’école aurait évité de faire les manchettes des journaux. Dans le cas qui nous concerne, des rencontres sérieuses avec les élèves et les parents auraient certainement permis de faire prendre conscience aux jeunes de la gravité de leurs propos, de juger du sérieux des menaces (la présence d’un policier ajoutant le poids de la loi à la situation), et d’imposer des sanctions appropriées.

Le geste précipité de la direction indique qu’on ne sait gérer autrement que par la répression les problèmes qui émergent de partout sur internet. On fait semblant d’ignorer tout ce que les jeunes colportent par la messagerie instantanée ou tout ce qu’ils rapportent sur leur site MySpace. Malgré l’intention de la direction de protéger la réputation de l’école, les mesures prises ne sont qu’un cautère sur une jambe de bois. Cela ne fera rien pour endiguer le flot de rancoeur entre les élèves. L’école ne fait qu’encourager la culture de l’anonymat dans le monde virtuel. Elle encourage les élèves à se tourner vers RateMyTeachers pour évaluer l’école plutôt que d’engager le dialogue.

Tant que les écoles négligeront les nouvelles technologies de la communication et des nouveaux enjeux sociaux, elles en seront la victime. On n’éduque pas en feignant l’ignorance. On n’enseigne pas l’éthique non plus à coups de bâtons. L’école a tout intérêt à prendre connaissance du récent rapport de l’UNESCO (PDF) sur l’éthique des nouvelles technologies et de l’intégrer aux programmes de formation.

Mise à jour, 12 avril 2007 | Quoique la décision n’ait aucune valeur légale ici, une cour d’appel de l’Indiana a jugé que les propos injurieux d’une adolescente à l’endroit d’un directeur d’école, formulés dans MySpace, étaient protégés par les droits relatifs à la liberté d’expression (USA Today : Court: MySpace postings are free speech). Sans toutefois cautionner la vulgarité du langage, la cour a conclu que la teneur du discours était l’expression d’une opinion citoyenne valable.

(Image thématique : Trois mai, par Francisco Goya)


Par ricochet :

Les ados, les blogs, et les bêtises

Le Web des cons : insultes et menaces de mort

Implications éthiques des TIC : rapport de l’UNESCO


Apprendre à échanger des points de vue divergents: la valeur ajoutée des TIC (Mario tout de go)

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20 réponses

  • Luc Papineau dit :

    Excellent billet, M. Guité! Vous faites preuve d’une esprit d’analyse et de réflexion qui me rappelle pourquoi je viens jeter un coup d’oeil à votre site quotidiennement.

    Je me permets de reproduire ici le commentaire que j’ai fait de cette future saga sur le site de M. Asselin. Nos points de vue se rejoignent, une fois de plus. : )

    Toutes ces critiques sur le PEI, je les entends dans mon école. Je les entends aussi d’autres profs de cégep. Elles n’ont rien d’exceptionnelles.

    Ce qui peut expliquer un peu la réaction des autorités scolaires est peut-être les menaces de mort proférées par un des jeunes contestaires. On a, on peut le comprendre, l’épiderme un peu sensible à ce sujet depuis Dawson. De plus, je ne crois pas que ce genre d’attitude soient dans les valeurs de ce programme.

    Il est vrai que l’éducation vaut mieux que la répression mais, dans certains cas, il y a des comportements inadmissibles. Pour le reste, si l’on sanctionne des élèves qui ont critiqué le programme PEI de leur école, il est clair que les gens qui gèrent ce programme font la preuve par deux de leur incompétence sur certains aspects.

  • Madeleine Légaré dit :

    Bravo pour ton courage, j’espère que tout le monde verra que tu as agis d’une façon responsable et consciencieuse, avec un respect et une ouverture propre à quelqu’un qui comprend vraiment les principes qui sont à la base du PEI. Même si souvent dans les faits les grandes idées ont du mal à s’épanouir, parce qu’on est humain et qu’on fait tous des erreurs, j’espère que cette histoire servira à ce que ceux qui sont impliqués en sortent grandis… Et j’espère qu’on se lassera de la répression, parce qu’elle ne sert à rien sauf à amplifier et à répandre la haine.

  • Bravo pour cet excellent billet, François. Même si je ne partage pas nécessairement tous ce que tu y avances, des points mineurs en fait, c’est une mise au point qui ne peut que commander le respect.

    « Certains me lapideront d’avoir entretenu la discussion. Soit. »

    Cela arrivera peut-être, en effet. Mais je suis persuadé que ce sera le fait d’une infime minorité. Tes interventions ont été tout à fait dignes du professionnel de l’éducation que tu es. Et si jamais cela arrive, et que tu te sens ébranlé par la chose, souviens-toi que nous sommes plusieurs professionnels de l’éducation à approuver la manière dont tu es intervenu dans cette affaire.

  • Tout à fait d’accord avec la dernière afirmation d’André Chartrand : «Et si jamais cela arrive, et que tu te sens ébranlé par la chose, souviens-toi que nous sommes plusieurs professionnels de l’éducation à approuver la manière dont tu es intervenu dans cette affaire.»

    Le problème dans cette affaire, c’est que quelque chose qui aurait probablement dû se résoudre avec les premières personnes concernées a fini par aboutir dans les médias, de façon (habituellement) tronquée, ce qui fait que des éléments nous manquent (autant à nous qu’aux journalistes qui ont mal couvert ce que j’ai appelé, dans un billet, l’Affaire Neufchatel) pour juger vraiment de la situation.

    Par contre, ce que j’ai lu ici de la part de François est quelque chose de nuancé, posé, respectueux, qui ose le débat. Car il faut oser les débats et non les craindre, si le tout se passe de façon respectueuse des arguments de chacun. Au Québec, malheureusement, on confond souvent respect avec à-plat-ventrisme ou soumissionè on a souvent peur du débat, car il suppose des réajustements de part et d’autres.

    Dire qu’à peine après qu’on ait enlevé plusieurs cours de morale ou d’éthique au secondaire (3e et 5e sec.), on commence à soulever des problèmes sporadiques d’éthique (dans Internet ou autre)…

  • Merci à tous de votre appui. Ça compte pour beaucoup.

    Il est dommage qu’aucun professeur de l’école secondaire de Neufchâtel n’ait commenté les événements, même sous le couvert de l’anonymat. Je n’ai pas vu dans les journaux qu’une décision ait été rendue quant au sort des jeunes suspendus. Avec un peu de chance, un professeur ou un élève de l’école passera par ici.

  • Luc Papineau dit :

    Une élève est passée par le site de Mario Asselin.

  • Merci de m’en aviser, Luc. Je n’avais pas vu passer le commentaire de l’élève. J’ignore si c’est dans mon âme de professeur, mais je trouve toujours rafraîchissant de prendre connaissance de l’avis d’un jeune qui s’exprime clairement et avec sincérité.

  • Francis Gagnon dit :

    Bonjour,

    Je suis un élève de l’école secondaire de Neufchâtel en Sec 5 PEI. Désolé d’avance pour mes fautes…le français n’est pas ma matière forte ;).

    Personnellement, je suis d’accord en tout point avec ce que M. Guité avance dans son Article. Je trouve que, effectivement, la direction a fait preuve d’une certaines lâcheté en suspendant c’est 5 élèves. Dernièrement, dans mon groupe, j’ai vécu une situation semblable. Un élève ne tenait plus à son diplôme de l’OBI du tout et n’a pas remit de projet personnel. Monsieur Demers (le directeur du PEI) la tout simplement suspendu. De mon avis c’est un abus de pouvoir. Surtout que nous ne sommes plus des enfants et que c’est notre décision si nous voulons abandonner ce projet. Dison le clairement, vous savez tous comme vous et moi que cet élève va bien sûr remettre un projet mal fait et « butché ». La suspension de ce dernier lui a complètement été inutile et lui a même nui car il a manqué 3 jours d’école si je ne me trompe pas. La direction abuse malheureusement de leur moyen en suspendant beaucoup trop facilement.

    De plus j’ai reçu des menace de suspension et plusieurs de mes amis n’en n’ont reçu pour exactement la même raison : travail critérié (travaux du PEI) ou projet personnelle non-fait et même MAL FAIT. Tous ces découragements dans ces travaux sont causés par la même raison : Les lacunes du Programme. La direction abuse énormément de son moyen peu efficace. On peu facilement en déduire que la direction a peur à chaque année d’une « rébellion » générale des étudiants du PEI car ma sœur a aussi étudié au PEI à la même école que moi et a vécu la même situation. En secondaire 5, le plaisir est entièrement retiré et le seul cours ou l’on pourrait se faire du plaisir et ce défoulé, l’éducation physique, est un cours 1 fois sur 2 de la théorie (sans parler du problème d’obésité chez les adolescents…) toujours « grâce » a ce programme.

    Ce qui m’a profondément déçu dans l’article du soleil c’est que l’auteur de l’article de l’hebdomadaire n’en n’a profité pour parlé du coté sensationnaliste des évènements (les menaces, les mauvais propos) et n’a seulement que très peu parler du sujet beaucoup plus importants : les lacunes du PEI.

    Je trouve qu’un système d’amélioration de Programme par l’entremise des étudiants eux-mêmes est une excellente idée.

    Je pourrais encore en parler plusieurs heure mais je dois aller souper :).

    Encore une fois, Bravo M. Guité !

  • Philippe Gagné dit :

    Bonjour M. Guité,

    Je suis l’élève qui a été mentionné par Francis, celui qui a été suspendu pour ne pas avoir effectué les travaux en relation avec le P.E.I. Je trouve cela plutôt navrant de voir que la direction (dans mon cas un certain M. Demers) n’a pas trouvé d’autre solution que de me suspendre pour remédier à mon problème. Je soupçonne plutôt un manque de volonté de sa part quand il est venu le temps d’en chercher une. Pourquoi aurait-il pris la méthode difficile alors qu’il peut aussi bien abuser de son autorité et me suspendre pour des raisons plutôt médiocres?

    Mon histoire, la voici:
    Je m’appelle Philippe, j’ai 17 ans et, depuis 5 ans, je fais parti du Programme d’Études Internationales. À mon entré dans ce programme, on m’a dis que j’allais voyager car les élèves de ce programme étaient amenés à s’ouvrir sur le monde, paroles qui seront ensuite déniées par M. Demers lors de ma dernière rencontre avec lui. Secondaire 1 et 2, aucun voyage n’est proposé. Ce n’est qu’en secondaire 3 que j’ai eu la chance de poser ma candidature pour un voyage à New York, candidature qui a été refusée car mon dossier a été bloquer par M. Demers. La même année, un voyage au Mexique est organisé mais je décide de ne pas poser ma candidature étant donné que mon autre a été refusée. Une année passé ensuite et c’est là qu’au début de mon secondaire 5, un autre voyage à New York est organisé. Je pose ma candidature et, surprise! Je suis refusé pour la même raison. Le déclique ce fait dans ma tête et je me dis : Cela fait 5 ans que j’endure les travaux à n’en plus finir pour en venir à cela? Non merci, c’est fini pour moi. Je décide donc de ne plus faire les travaux du programme qui ne compte pas en pourcentage (c’est-à-dire pour mon entrée au Cégep). Les mois passent et c’est alors qu’un beau jour, je suis convoqué dans le bureau de M. Demers pour me faire dire qu’à la suite de mes travaux incomplets et mon peu d’enthousiasme à les faire, je suis suspendu jusqu’à temps qu’ils soient complétés. Voyez vous, la seule motivation que j’avais de rester dans ce programme était les voyages, mais je n’ai pas été choisi pour aucun d’entre eux. Les élèves partent demain pour New York et tout le monde (Je dis bien TOUT LE MONDE) qui ont poser leur candidature pour y aller dans les deux groupes du programme ont été accepté. Je suis le seul qui ait posé sa candidature et qui ait été refusé. Quand j’ai demandé à M. Demers pourquoi il a bloqué mon dossier, il me répond que je n’avais pas de bonnes attitudes mais, étrangement, dans les évaluations que les professeurs ont fait de moi, je n’obtient seulement que des « A » et des « B », ce qui représente d’assez bonnes attitudes non?

    Merci M. Demers pour ces illusions de voyages qui m’ont fait rêvé…

    -Philippe

  • Francis et Philippe,

    D’abord, merci de ces détails et de vous exprimer si correctement. Vos parcours au P.E.I. sont navrants. J’enseigne au P.E.I. depuis assez longtemps pour savoir que lorsque les élèves ont atteint un tel degré de mécontentement, c’est que la bâtisse repose sur de mauvais piliers.

    Je ne doute point de la véracité de vos propos, mais vous me permettrez de ne pas porter de jugement sans connaître tous les faits. Votre analyse, toutefois, me semble très lucide. La menace à répétition, vous avez raison, est un moyen de répression plutôt que d’éducation.

    Quoique les blessures personnelles sont toujours les plus vives, et celles qui attirent le plus de sympathie, je vous recommande néanmoins d’analyser le problème d’un point de vue général. Les arguments sont plus percutants quand ils s’appliquent à l’ensemble qu’à quelques individus; les gens sont plus sensibles à l’altruisme qu’à l’égoïsme.

    Si, comme vous le dites, le problème est ressenti par la majorité des élèves, vous pouvez sans doute faire quelque chose pour améliorer la situation. Mais je vous recommande de le faire avec dignité et rectitude. La direction a le pouvoir de l’autorité, nécessaire quand il est bien exercé. Ne sous-estimez pas toutefois le vôtre, qui est celui des droits et du pouvoir moral (mais encore faut-il pouvoir le justifier). S’il est trop tard pour les finissants, ils auront le mérite d’aider ceux qui suivront dans leur sillage. Sans ironie aucune, vous pourriez sans doute améliorer la situation en faisant interagir le service communautaire et la santé et formation sociale, comme dans le cas d’une pétition. Par ailleurs, il n’est peut-être pas prudent, dans les circonstances, de faire circuler une pétition à l’intérieur des murs de l’école.

    Il faut savoir auprès de qui intervenir. Si votre cause est bien étayée (reposant sur des éléments de la mission de l’école, de son projet éducatif et des objectifs du programme de l’O.B.I., des éléments du programme de formation, de la Charte des droits et libertés, etc.) et que la direction refuse de vous entendre, il reste le Conseil d’établissement, l’assemblée des commissaires de la commission scolaire, la SÉBIQ et l’O.B.I.

    Peut-être n’y a-t-il pas lieu d’intervenir. C’est à vous de faire la part des choses. Quoi qu’il en soit, je vous trouve fort courageux de tenir le coup. J’aurais bien aimé vous avoir dans ma classe, de même que vos camarades qui s’expriment sur le blogue d’un collègue. Ne vous apitoyez pas, surtout. Les épreuves forment le caractère.

  • Rou dit :

    Wow… Mais quelle ampleur tout cela a pris… Je n’en reviens tout simplement pas. Je ne pensais jamais que tout cela allait prendre une telle ampleur. Vous avez encore plein d’exemples d’élèves mécontents du programme de cette école et de la direction. La suspension et l’expulsion est vraiment la seule manière qu’ils ont pour éduquer les élèves. Vu que peu de gens connaissent l’histoire complète des évènements, la voici donc, complète, de A à Z, comprenant tous les détails. Elle est longue, mais lisez-là au complet. Ce sont les détails qui manquent dans les médias…

    Pour commencer, je voudrais dire qu’en deuxième secondaire, j’ai faillit sortir du PEI, mais j’ai décidé de rester après m’être fait « vendre » ce programme à la façon d’un vendeur chez Sears, mais le vendeur, c’était mon directeur. J’avais aussi déjà fait mon choix de carrière, à cet instant.

    J’aimerais aussi préciser que sur le contrat que j’ai signé à mon inscription pour l’année scolaire 2006-2007, il y avait des petits caractères qu’on ne pouvait lire que sous des rayons X, ce que je n’ai pas fait. Vous devez certainement comprendre ce que je veux dire par là. C’est que plusieurs choses nous avaient été dites, mais celles-ci étaient erronées, ou ne correspondaient pas à ce que nous faisions cette année. La surcharge de travail était beaucoup plus élevée que ce que nous nous attendions.

    Je suis allé voir mon directeur, 2 mois après le début des classes, pour lui faire savoir que je n’en pouvais déjà plus d’être au PEI. Durant cette rencontre, je lui ai dit que je désirais me faire transférer au régulier. Il m’a clairement répondu « Non ». Ensuite, je lui ai demandé s’il pouvait organiser quelque chose avec moi, par exemple ne pas me faire faire le projet personnel, un essai de je ne sais point combien de mots (personne ne le sait car la professeur de MTI n’était extrêmement pas claire, elle se contredisait à tous les jours, elle changeait le nombre de mots et de fiches à tous les cours, etc.) et qui comptait comme note de MTI au bulletin. Il n’a encore rien voulu savoir. Je lui ai ensuite demandé si je pouvais changer d’école (eh oui, j’étais près à le faire à ce moment), et encore une fois, il ne voulait rien savoir. J’ai aussi discuté de points que je trouvais illogiques au PEI, comme le fait de ne pas avoir d’ECC (Éducation au Choix de Carrière). Nous avons le matériel pour faire ce que nous voulons faire, mais nous ne savons pas quoi faire! C’est illogique. Et il m’a même dit et répété qu’il transformerait les 20 cours d’ECC du régulier en 4 cours pour le PEI… WOW, est-ce un magicien? Mystère… Après cette rencontre, j’ai commencé à être déprimé, à être « down » comme je ne l’avais jamais été, à ne plus avoir le goût de l’école. J’étais visiblement très près du burn out. Lorsque j’arrivais à la maison, toute ma colère, ou plutôt, ma révolte, sortait sur ma mère. Peu de temps après, c’est au tour de ma mère de demander une rencontre auprès du directeur. Elle arrive presqu’en larmes, complètement désespérée, elle discute avec lui, lui dit ce qu’elle pense qui pourrait m’arriver (burn out, décrochage, suicide, etc.) mais lui, il s’en fous. Je l’entends encore me dire que « J’ai signé un contrat et qu’il faut que je le respecte ». Je n’en serais pas arrivé jusqu’au suicide, évidemment, mais j’ai pris une décision qui m’a calmée, mais qui me coûte maintenant des notes de bulletin. J’ai pensé à moi plus qu’à l’école.

    Voilà que le temps des Fêtes est passé et que j’ai le moral un peu plus haut. Le temps défile jusqu’aux environs de la mi-février, au moment où nous nous faisons annoncer, dans un beau cours de MTI, que nous avons fait 22 fiches bibliographiques de trop. Nous en avons fait 33, et si nous voulions faire 10 pages dans notre fameux essai, il ne fallait qu’utiliser seulement 11 fiches. Tous les élèves étaient frustrés de cela! C’est comme si on avait travaillé absolument pour rien! À cet instant, je me suis révolté à nouveau.

    Par la suite, c’est-à-dire le 3 mars 2007, j’ai mis en ligne mon fameux site qui a fait la manchette dans le Soleil. Ça a pris une vingtaine de jours avant que celui-ci se fasse connaître. Le site ne contenait AUCUN nom d’établissement ou de personne physique. Ça n’attaquait personne directement. Les premiers commentaires ont été écrits dans le cours de MTI. La professeur n’avait tellement pas d’autorité que tous les élèves, sans exception, étaient sur des sites de jeux et jouaient à des jeux, ou bien ils laissaient des commentaires sur mon site et le visitaient… Qu’est-ce que faisait la professeur? Rien. Ça a duré pendant 2 cours. Vous me demanderez pourquoi nous allions sur des sites de jeux pendant les heures d’école lorsque nous chialons que nous avons trop de travail à la maison. C’est tout simplement parce que nous ne savions pas quoi faire pour le projet personnel.

    Exactement 1 mois plus tard, le 3 avril 2007, je me fais suspendre par ce même directeur, à cause de ce site. À ce moment, je redeviens heureux, ou plutôt moi même, le vrai Rou que j’étais avant l’année scolaire 2006-2007. Je me suis fait entendre, pour la première fois, par la direction. Mon coeur est vidé; je n’ai plus rien à cacher. Tout de suite en arrivant chez moi, je désactive le site, comme je l’avais dit à mon directeur. Le lendemain, un élève pas très fûté et qui aime se mêler des choses des autres appelle un journaliste du Soleil lui disant que l’histoire de Neufchâtel « brime la liberté d’expression des élèves suspendus ». CE N’EST PAS NOUS QUI AVONS CONTACTÉ LES MÉDIAS. Le journaliste a d’ailleurs suivi le directeur une partie de la journée afin d’avoir ses commentaires face à l’évènement et, par le biais d’Internet, il nous a demandé, à moi et un de mes amis qui a été suspendu, la chanson, les paroles, et d’autres informations concernant l’évènement. Nous n’avons rien dit, rien donné, si ce n’est que l’histoire racontée en gros, sans même parler de menaces ou d’autres choses que nous ne voulions pas qui se répandent, pour le bien de l’école, mais aussi pour le nôtre. Il ne faut pas oublier que ce n’est pas nous qui avons contacté les médias, mais plutôt un garçon de 5e secondaire qui était lui aussi au PEI. Je considère que c’est de sa faute si « la réputation de l’école a été attaquée ». Et c’est probablement de sa faute aussi si nous avons été suspendus et expulsés, même si la direction ne veut pas l’avouer. Car lors de ma rencontre avec le directeur, au moment de ma suspension, il n’avait absolument pas l’air à envisager de m’expulser. Mais le lendemain, lorsque les médias s’en sont mêlés, ses idées ont subitement changées.

    Ce que je trouve le plus, comment dire, aberrant, pour ne pas utiliser d’autres mots qui pourraient être vulgaires [...], c’est que la direction n’a rien voulu entendre de la part des élèves suspendus et de leurs parents avant que leur décision soit prise sur le sort des élèves. C’est comme donner une sentence à un criminel sans que celui-ci n’ait eu le droit de donner sa version des faits. Ça me met en… un certain mot québécois que je ne peux utiliser. Je leur reproche, tout comme mes parents, d’avoir eu un manque d’écoute flagrant au cours de cette année, et les voilà encore qui n’ÉCOUTENT PAS. Est-ce normal, l’école n’est-elle pas un lieu d’éducation? Eh bien pourquoi ne pas éduquer les élèves? Pourquoi ne pas être ouvert à leurs idées, à leurs commentaires? Ils le nieront toujours, mais ils n’étaient pas réceptifs à nos commentaires. Il est bien certain que j’aurais pu m’y prendre d’une autre manière pour me faire écouter. Mais me serais-je fait entendre? Là est la question. Combien de fois avons-nous chialé aux professeurs à propos du PEI, que nous avons demandé des rencontres pour parler du PEI, etc. Ils n’ont jamais rien voulu savoir.

    La direction a avouée leur part de responsabilité dans cette histoire. Je trouve cela important qu’elle la prenne en considération, car je n’ai pas toute la part de responsabilité à moi tout seul dans cette histoire. C’est drôle, je me trompe peut-être, mais lorsqu’ils m’ont avoué qu’ils avaient une part de responsabilité, j’ai ressenti un sentiment de malhonnêteté de leur part. J’ai trouvé ça assez spécial de la façon qu’ils l’ont dit, mais je les crois quand même, et j’espère qu’ils étaient sincères.

    Ce que je trouve bien absurde, aussi, c’est que ça a pris 6 mois à l’école avant de me changer d’école. Pourquoi ne pas l’avoir fait avant si j’étais prêt à le faire? Tous ces évènements ne seraient jamais arrivés si j’avais été écouté au début. Juste m’enlever le projet personnel m’aurait enlevé une lourde charge de travail de sur les épaules. Celle-ci pesait et elle faisait mal. De plus je n’avais aucune tache à mon dossier. Pas un billet de comportement, pas une retenue, rien de toute ma vie. Voilà la première qui apparaît, et c’est probablement la dernière. Je ne suis pas du genre à « foutre la merde partout » […] et si j’ai fait ces gestes, c’est que je n’en pouvait vraiment plus. Je peux vous en assurer.

    Quelques professeurs voyaient bien que je n’étais pas heureux cette année. Mais ils ne pouvaient rien faire. Ils étaient presque aussi impuissants que nous, les élèves, dans cet établissement où règne l’abus de pouvoir et le manque de communication. Moi, au contraire d’un finissant de la Virginia Tech qui dénonçait les fils de riches, la débauche et les charlatans sournois et qui a fait tant de morts, je dénonçais le genre de technique de « marketing » utilisé pour vendre ce programme à mon école et j’ai agit avec pacifisme, mais aussi avec vulgarité, mais j’ai à tout le moins su garder la tête haute pendant ces évènement banals qui m’ont particulièrement affectés, parce qu’ils impliquaient non seulement mes amis et leurs parents, mais aussi mes parents, auxquels je tiens beaucoup. Mes oeuvres, si je peux les nommer comme cela, sont assez vulgaires, je dois l’admettre, mais c’était seulement pour aller chercher un peu plus les élèves dans leur langage habituel, mais aussi pour dire ce que je pensais vraiment dans mes mots à moi. Au départ, ce site n’était qu’une simple plaisanterie entre amis, et celle-ci s’est répandue. Cela m’a donné une bonne leçon de vie, je crois. Tout ce que j’espère, c’est que ces évènements changent quelque chose dans cette si belle école que pourrait être Neufchâtel si elle était mieux administrée. Le personnel est habituellement dévoué, mais certaines personnes ne sont pas ouvertes du tout.

    J’aimerais vous présenter mes excuses, M. Guité, car je sais que votre implication indirecte aux évènements a due vous apporter quelques tracas et quelques discussions sur le sujet de vos groupes de discussion. J’aimerais préciser que j’ai essayé, comme vous l’avez peut-être constaté, de vous garder à l’écart de cela. J’ai d’ailleurs enlevé le lien qu’il y avait sur mon site et qui menait sur votre groupe de discussion, afin que, justement, vous ne soyez pas mêlé à cette histoire. Mais vraisemblablement, cela a échoué. D’autres personnes ont vendues la mèche à ces foutus médias. Ils sont toujours là où il ne faut pas. Ils me font évacuer les fibres aux toilettes le matin.

    À présent, tout cela est du passé. Je peux maintenant tourner la page.

    Rou

  • Quelle triste situation, pour toi surtout, mais aussi pour tes camarades qui restent coincés dans un programme si mal administré. J’ai été navré d’apprendre ton expulsion, mais non surpris.

    Ce qui me déconcerte le plus, à dire vrai, c’est ta désinvolture. Je me serais attendu à de la colère ou du découragement, mais j’ai plutôt l’impression que tu affiches un profond soulagement d’être enfin libéré de ta misère scolaire. En dépit de cette petite erreur de jeunesse, j’éprouve de l’admiration pour ta détermination à garder la tête haute. Il est dommage que tu sois tombé sur une mauvaise école. À De Rochebelle, tu aurais fait sensation!

    Merci de cet exposé détaillé qui jette plus de lumière sur les événements. Encore une fois, tu as démontré de quelle trempe tu es fait. Tes excuses ne font qu’ajouter à ta valeur. Il appert que ceux qui t’ont sacqué ont failli à leurs responsabilités d’éducateur en ne reconnaissant pas ton mérite.

    Si cela peut te rassurer, je n’ai subi aucun contrecoup de cette histoire. J’ai la chance d’enseigner à une école où la direction reconnaît l’importance de la libre expression.

    Allez… bon courage pour l’avenir. Je suis persuadé que tu iras loin si tu t’appliques à la tâche.

  • Rosa Lannes dit :

    Je suis une élève de secondaire 5 à l’École internationale de Montréal qui a lu avec beaucoup d’intérêt deux de vos articles et les commentaires émis par d’autres lecteurs. À notre école, les finissants sont souvent appelés les « survivants ». Si je l’avais su, j’aurais exploré plus attentivement les autres choix qui s’offraient à moi en matière d’écoles secondaires. J’ai souvent parlé du PEI à des professeurs et à mes camarades et je crois qu’il y a non seulement des lacunes au programme de l’IBO lui-même, mais surtout à son implantation dans les écoles. Tout d’abord, la sélection des élèves se fait de façon inadéquate. Les examens d’entrée sont les mêmes (ou du moins très semblables) que ceux qui sont exigés par les écoles privées, ce qui m’amène à penser que le PEI n’a rien de très original. D’ailleurs, quelle est la conclusion qu’on a pu tirer des anciens tests de QI que nous avons dû remplir? Ensuite, les professeurs, contrairement aux élèves, ne sont pas sélectionnés et reçoivent trop peu de formation. Ils ne savent habituellement donc pas comment nous expliquer les aires d’intéraction, ce qui nous amène à penser que ce n’est qu’une invention diabolique qui nous fait écrire des textes de plus en plus longs. De plus, les élèves de mon école ont souvent très peu de respect pour les professeurs qui ne nous amènent rien de nouveau, qui ne nous respectent pas. Vos élèves sont bien chanceux…

    Un élève a écrit dans son commentaire que l’IBO exige des valeurs. C’est une organisation idéaliste selon moi qui fait payer cher cet idéalisme et un diplôme aux écoles et aux élèves. Le marketing de l’IBO et des écoles en général me rend malade, assez littéralement. Je commence à « sécher » de plus en plus de cours, non parce que j’ai envie de faire une rébellion, mais parce que j’ai envie d’apprendre des choses et je fais mieux cela chez moi que dans un cours où le professeur est absent ou incompétent. On nous parle d’aires d’intéraction, d’une éducation complète, mais il n’y a aucun cours de musique, aucun cours de biologie sauf en secondaire 3, seulement deux cours d’éducation physique pour tous les neuf jours (et la prof est souvent absente…), aucun cours d’éthique ou de réflexion ou d’analyse de l’actualité. Au moins je serai bientôt au cégep, certainement pas au BI.

  • La quantité d’élèves mécontents du P.E.I. ne m’étonne guère, considérant la hâte avec laquelle on a mis sur pied ces programmes un peu partout au Québec. C’est d’autant plus regrettable qu’on y sacrifie la crème des adolescents québécois qui sont appâtés au P.E.I. par des promesses non tenues. Il est incompréhensible que tant d’exigences soient imposées aux élèves, alors que l’incompétence de plusieurs enseignants et administrateurs reste sans conséquence.

    Cela dit, vous devez rester objective dans votre critique. Peut-être auriez-vous éprouvé le même mécontentement dans un programme de formation générale. Mais au moins, vous n’auriez pas le sentiment d’avoir été bernée.

    Pour ma part, les examens d’admission devraient être bannis du P.E.I. Ce n’est pas une exigence de l’O.B.I. Je n’arrive pas à croire que votre école fait passer des tests de Q.I. aux élèves au moment de l’admission (peut-être s’agit-il de tests de compétences autres que des tests de Q.I.). Cela, et le fait que les aires d’interaction alourdissent les travaux, me font croire que l’on a une bien mauvaise compréhension de la philosophie du programme. Cette dernière, quand elle est bien intégrée aux apprentissages, s’avère très éclairante, croyez-moi.

  • Je Connais Le Petit Malféteur Qui A Fait Le Site Il Est Maitenant A Mon École En Plus! Ouais Yer Cool Sa Parle De Lui Partout!

  • Hum, Yannick… je ne suis pas sûr que ce soit si ‘cool’ de voir son éducation sabotée pendant quatre ans. Je suis persuadé que ‘Le Rou’ échangerait volontiers son 15 minutes of fame contre une éducation de qualité.

  • Alexandre Côté Blouin dit :

    Bonjour M. Guité.

    J’ai moi aussi été victime des menaces de suspension préventive et de ce qu’on entend sur le PEI et la direction de Neufchâtel.
    Comme les nombreuses personnes qui ont laissé un commentaire, je tiens à vous féliciter pour votre bon jugement et votre compréhension. Je trouve rassurant qu’un professeur sachant de quoi il parle appuie notre cause. Je sens que certains des membres du personnel de mon école ne font qu’essayer de nous faire croire que le P.E.I est une chose merveilleuse et parfaitement au point, et que notre désaccord envers ce programme n’est du qu’à la crise d’adolescence ou au besoin de défier l’autorité. Plutôt que d’essayer d’aller à la source et de comprendre le problème, on se fait dire que quand on s’engage dans quelque chose, il faut le terminer. Je juge que nous avons étés très mal informé de ce qui nous attendait en entrant dans le programme et qu’ils ont plutôt embelli la réalité. Mais Grâce à votre site, nous pouvons constater que notre volonté de changement et notre sentiment d’injustice sont justifiés.

    Je crois qu’il serait temps de faire une action pour faire changer les choses, mais malheureusement, j’ai du mal à m’imaginer une solution efficace. Peut-être pourrions-nous faire signer une pétition Internet pour démontrer que le PEI dans sa forme actuelle est un mauvais chemin d’éducation ou quelque chose du genre. Il faudrait faire un contrepoids au recrutement agressif des écoles qui promettent faussement une éducation merveilleuse à leurs enfants.

  • Bonjour Alexandre,

    Comme dans le cas des autres élèves, votre commentaire vous honore et témoigne de votre talent. Quand je constate la qualité des interventions des élèves de votre école sur mon blogue et sur celui de M. Asselin, je trouve dommage que vous n’ayez pas choisi de vous exprimer ainsi dès le début. Je conçois que votre public n’était pas le même et que vous agissiez par fanfaronnade, mais vous deviez savoir que cela viendrait tôt ou tard aux yeux de la direction et qu’une attaque appelle généralement une contre-attaque.

    Prenez garde de ne pas mettre toutes les écoles qui offrent un P.E.I. dans le même bain. Certaines maîtrisent beaucoup mieux le programme que d’autres.

    Cela dit, vous avez raison de dénoncer les faux-fuyants de votre école pour dissimuler ses faiblesses. La crise de l’adolescence n’est pas propre à votre école, à ce que je sache. Quant à la chanson voulant que « quand on s’engage dans quelque chose, il faut le terminer », il y a longtemps qu’on l’entend, celle-là. Mais on omet un mot important : « il faut bien le terminer », par lequel on entend qu’il faut bien faire les choses, de part et d’autre. Il doit y avoir une volonté d’améliorer les choses.

    Je vous félicite de votre intention d’agir et de changer les choses. De toute évidence, l’esprit du service communautaire vous vient naturellement. Le meilleur conseil que je puisse vous donner est de maintenir le sérieux que vous et vos camarades avez manifesté sur ces pages. Vous pourriez, pour commencer, colliger tout ce qui a été écrit par vos camarades de classe dans les deux blogues mentionnés plus haut. La deuxième recommandation que je vous ferais est de tâcher d’être constructif dans votre approche, par exemple en ciblant les points forts et les points à améliorer de l’école. À ce sujet, un outil internet de collaboration entre les élèves serait peut-être plus utile qu’une pétition, quoique l’un n’empêche pas l’autre. Comme outil de collaboration, je suggère un wiki. Vous en trouverez de gratuits et faciles chez pbwiki et StikiPad.

    Bon courage pour la suite.

  • Rou dit :

    Eh bien après quelques mois sans commentaire, je reviens avec quelques nouvelles… Les trois mois ke j’ai passé à mon autre école (soit La Camaradière, qui est une excellente école où ça tourne beaucoup plus rond que Neufchâtel) sont inoubliables. Rien ne pouvait m’arriver de meilleur! Le problème, en loccurence mon directeur, est parti incognito dans une autre école, je ne sais pas encore pourquoi… Avait-il peur de moi? Et le pire dans tout ça, c’est qu’il a laissé des traces derrière lui… Il a mis en place une règle pour obtenir ses maths 436 en 5e secondaire qui n’est pas logique et qui empêche un de mes amis d’avoir ses maths 436 cette année (coincidence) et en plus, il a enlevé l’option musique aux PEI de 3e, 4e et 5e secondaire (et les profs ne sont pas trop contents de cela bien évidemment…). Bien sûr, la musique, ce n’est pas important et ça n’intéresse personne… Maintenant que le problème est parti (souhaitons que c’est le seul), peut-être y aura-t-il du changement dans cette école! En fait il y en a déjà, ça a frappé plus fort que je ne le voulais… Je crois que le fait de leur avoir dit que c’était une «école de B.S.» leur a probablement monté à la tête car ils ont changé tous les ordinateurs de l’âge de pierre pour des neufs et ils sont en train de faire des rénovations un peut partout dans l’école… Au moins, tout cela a l’air d’avoir fait changé plusieurs choses. En tout cas, je l’espère! Bonne année scolaire à tous! P.S.: Il y a un poste à combler en tant que directeur adjoint de 5e secondaire et du PEI à Neufchâtel! Avis à ceux qui aiment le changement!

  • Paule dit :

    Bonjour à vous tous,
    Je ne sais pas si un jour quelqu’un lira ce message mais bon…
    Tout d’abord veuillez excuser les fautes que comportera ce message. En visitant ce site j’ai été confronté à une opinion totalement différente de la mienne pour ce qui est du PEI, je veux être bien clair, je crois que le PEI dont vous parlez n’est pas le même auquel je suis habitué. Des suspensions pour travaux non remis, ça ne c’est jamais vu dans mon école. (École secondaire Rive-Nord, Bois-des-Filions)

    Personnellement, tout au long de mes 5 années d’études à ce programmes j’ai été très bien entouré par mes professeurs même si certains étaient peut-être moins « bon » si je peu m’exprimer ainsi. J’ai également pu faire plusieurs voyage au cours des mes années d’études auquel je n’ai pas nécessairement participé tel que la Tunisie, L’équateur, New-York, l’Italie, l’Espagne… Certes je connais certaines personne qui ont soit quitté le PEI ou qui ne sont pas nécessairement épanouies dans ce programme mais je crois que c’est plutôt car cela représentait trop de travail. De plus, comme je l’ai dit plus haut, j’ai des amis qui ont quitté le programme et ils n’ont pas eu de difficulté pour le faire.

    Enfin bref, je suppose que le programme est mieux implanté dans mon école car le projet personnel bien que ce soit un gros projet n’est pas si catastrophique que vous sembler le décrire et nous avons un superviseur pour bien nous guider durant le processus de réalisation. Bien sur ma cinquième année de secondaire aura été beaucoup plus demandant que les autres mais je crois que ce que j’avais vécus et réalisé les années précédentes m’avaient bien préparé. Bref je crois que vous n’avez pas de chance d’avoir soit enseigner ou étudier dans des écoles aussi mal dirigé que les vôtres mais je ne crois pas que vous devez faire de votre cas une généralité.



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