Les nouveaux manuels scolaires : du pareil au même


Il y a une incohérence de la part du MELS à promouvoir l’individuation des apprentissages tout en recommandant l’achat de manuels scolaires. Les manuels sont antithèse de l’individualisation ; ils sont une recette pour uniformiser les apprentissages. Ce qui n’empêche pas les maisons d’édition de me couvrir d’exemplaires de leur nouveau matériel et d’envoyer leurs représentants me harceler jusqu’à l’école. Intrigué hier par une nouvelle à l’effet que le gouvernement n’avait encore sanctionné aucun manuel pour la 2e secondaire (La Presse : Aucun manuel scolaire n’est encore approuvé), j’ai pris la peine de regarder de plus près l’un des manuels que j’ai reçus. Ce que j’ai vu m’a horripilé.

Je n’ai trouvé dans dans ce nouveau matériel aucune indication d’un changement dans les pratiques pédagogiques. Pas étonnant, puisqu’on a fait appel à des auteurs bien connus. (Mais il est vrai que les auteurs de matériel scolaire ne sont pas légion au Québec.) À en juger par le manuel de l’élève, c’est la même approche dirigée, inspirée du paradigme de l’enseignant. J’y retrouve les mêmes thèmes barbants, des exercices plaqués, et un effort de séduire l’élève par des illustrations aux goûts de l’heure. Le tout paraîtra démodé dans trois ou quatre ans. Pis encore, le cahier d’exercices dénote un recul avec son emphase sur la grammaire et ses phrases à compléter. C’est pathétique.

Le seul élément de changement notable se rapporte à l’interprétation personnelle d’un texte, ainsi que l’exige la compétence reinvests understanding of texts. Mais là encore, la chose est traitée de manière banale et répétitive, en demandant à l’élève de remplir un espace vide. Mais à quoi donc sert le papier que l’élève a dans son cartable ? Point nécessaire de payer des espaces vides à gros prix dans des cahiers d’exercices.

Je ne voudrais pas généraliser. Peut-être la situation est-elle différente dans les autres disciplines scolaires. En anglais, cependant, on a gardé les mêmes recettes, auxquelles on a modifié les personnages, les illustrations, et quelques thèmes aux goûts d’aujourd’hui. Ce genre de réforme n’a de sens que pour les caisses enregistreuses des maisons d’édition.

De toute façon, il ne faut pas compter sur le monde de l’édition pour trop innover. Les maisons d’édition sont des entreprises privées qui se soucient d’abord de profits. Du coup, il est plus profitable de produire du matériel qui séduira un grand nombre de professeurs. Le matériel iconoclaste ne se vend pas très bien.

Que les éditeurs scolaires fassent de la réforme une vaste opération de marketing, c’est leur affaire. Mais que le MELS ait approuvé ledit matériel pour la première année du cycle, je n’en reviens tout simplement pas. Le remplacement des manuels va coûter plus de 350 millions $ aux contribuables. Et après cela, les professeurs qui utilisent un portfolio pour réellement individualiser les apprentissages des élèves se font refuser leurs demandes de matériel original. C’est à ne rien y comprendre.

Je crois que le moment est venu de réformer le MELS.

Mise à jour, 28 mai 2006 | Charles-Antoine Bachand a écrit une excellente réplique à ce billet, une opinion beaucoup plus candide de la situation que j’ai pu le faire. Le billet est d’autant plus intéressant qu’il présente le point de vue d’un auteur de nouveau matériel didactique qui est bien au fait de l’esprit de la réforme.


Par ricochet :

L’anachronisme du matériel pédagogique

Des « canons » plus que des livres

Nouveau modèle de matériel didactique

L’incohérence du MELS dans l’achat du matériel didactique

Manuels en ligne gratuits

La facture des manuels scolaires


Papier ou numériques ?? (L’Infobourg)

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16 réponses

  • Clément Laberge dit :

    Au risque de donner l’impression de défendre l’industrie qui m’emploie actuellement, j’ose suggérer que ton billet manque un peu de nuances. C’est sa force, parce qu’il « punch bien », mais je pense que c’est aussi d’une certaine façon sa faiblesse.

    Il ne faut pas perdre de vue que l’édition scolaire ne forme pas un tout homogène.

    À grands traits, de façon un peu caricaturale:

    Il y a, bien sûr, « les éditeurs de volume » (au sens de grandes quantités), qui évidemment visent essentiellement à « répondre aux besoins exprimés » par les profs, ni plus, ni moins. Ce ne sont évidemment pas les plus grand innovateurs, mais leur production reflète, pour le meilleur ou pour le pire « l’état des lieux, dans les écoles, au sujet du manuel scolaire ». On peut trouver ça désolant, c’est ainsi.

    Il y a aussi les « éditeurs de niches » (au sens de marchés particuliers) qui eux, souvent, font preuve de beaucoup plus d’innovation: ils répondent aux besoins de profs qui partagent des pratiques, qui veulent « faire autrement », qui développent de nouvelles pratiques, etc. Ces éditeurs n’ont forcément pas les mêmes moyens que les « éditeurs de volumes », ils ne feront donc jamais parvenir des échantillons gratuits par-ci et par-là, et ils n’ont pour la plupart même pas les moyens d’envoyer des représentants « harceler les profs ».

    Ils ne faut donc pas s’attendre, comme profs, à ce que le matériel le plus innovateur, le plus original, le plus hors-normes, nous tombe dans les bras au même titre que le matériel « standard ». Et cela ne permet pas pour autant de conclure que « Les manuels sont [...] une recette pour uniformiser les apprentissages » (même si c’est souvent vrai, et que c’est souvent ce que demandent les profs).

    Quand au rôle du ministère dans tout ce système… je ne sais trop quoi en penser. J’avais toujours « pris pour acquis » le rôle « d’approbateur » du MEQ, qui « autorise » les manuels. Je réalise en France que ce n’est peut-être pas indispensable. Aucune approbation ici: aux profs de choisir parmi tout ce que les éditeurs offrent. Ça permet parfois un peu plus de flexibilité éditoriale.

    Il me semble que le rôle du ministère devrait prendre de plus en plus la forme « d’incitatifs » plutôt de que de « contraintes ». Il faudrait « encourager l’innovation » de différentes manières. Je pense que ce serait déjà un grand pas pour favoriser l’évolution des pratiques pédagogiques.

    Et cela ferait une revendication un peu plus constructive pour conclure ton texte… ;-)

  • Merci, Clément, de prendre le temps de faire contrepoids à mon billet. Je suis d’ailleurs pleinement conscient de sa faiblesse, d’abord en généralisant ainsi à toute une industrie les lacunes d’un manuel en particulier, et ensuite en raison de ma faible connaissance du milieu de l’édition.

    Les enseignants ont généralement la perception que le monde de l’édition scolaire forme effectivement « un tout homogène ». Cette perception tient au fait que nous sommes surtout exposés au matériel des « éditeurs de volume (au sens de grandes quantités) ». Il existe certainement des manuels plus innovateurs, quoique je n’en connaisse pas pour ma discipline. Je crois par ailleurs que le marché français, en raison de sa taille, est moins homogène que celui du Québec.

    Je ne peux pas me résoudre à la complaisance devant un état de fait qui mine ma pratique. Une observation comme « On peut trouver ça désolant, c’est ainsi » ne fait que souligner l’ampleur du problème. Mais je ne suis pas objectif. Quand on est un enseignant aux prises avec les affres de la réforme (la vraie), les irritants du quotidien et l’incohérence de nos dirigeants, quand ils touchent au coeur de nos pratiques, finissent par rendre fou.

    Au risque de m’attaquer à ton gagne-pain, je maintiens que les manuels contribuent à l’uniformisation des apprentissages. Je vois trop bien comment les enseignants autour de moi les utilisent (quand ils y ont recours) pour ne pas affirmer que c’est une évidence. Peut-être existe-t-il effectivement des manuels qui favorisent l’individuation des apprentissages, mais je ne connais pas, et je ne vois pas qu’ils soient utilisés dans les classes. D’autres que toi avanceront l’argument que ce n’est pas le matériel qui détermine la pédagogie d’un enseignant ; cela me rappelle l’argument servi par les défenseurs des armes à feu aux États-Unis quand ils allèguent que ce n’est pas l’arme qui tue, mais plutôt celui qui la tient.

    J’apprécie beaucoup l’analyse que tu fais du rôle du ministère dans la supervision du matériel didactique. Je seconde entièrement ton point de vue, à savoir qu’il devrait inciter plutôt que contraindre, de façon à favoriser l’innovation. Si cette flexibilité pouvait s’étendre aux enseignants, ma rage s’en trouverait amoindrie.

  • Je ne suis pas bien sûr que je sois entièrement en accord avec le point de vue de Clément ou le tien, François, en ce qui a trait au rôle du MELS dans l’approbation des manuels. Je doute…

    En fait, si le MELS n’avait plus à approuver les manuels, n’y aurait-il pas fort à parier que le seul impératif des maisons d’édition serait celui de la rentabilité? Les auteurs n’auraient alors qu’à produire des manuels qui aient le plus de chance de se vendre et non des manuels qui proposeraient de nouvelles approches. Bien sûr, il y aura toujours des auteurs qui voudront faciliter de nouvelles façons de faire. Toutefois, les ventes de Britney Spears surpassent celles Boris Vian et de loin! Mais bon… Peut-être ai-je tort… Je crois encore à l’État…

  • clément Laberge dit :

    Sacco, rassure-toi, je crois encore aussi à l’État et à son rôle en éducation (en particulier).

    Je n’ai d’ailleurs pas dit que l’État devait se désengager, simplement qu’il fallait envisager de modifier sa stratégie d’intervention. Je pense que le rôle de l’État peut-être (au moins) aussi efficace par « l’incitation » que par la « coerciction ». Mais il a un rôle à joué, ça, il n’y a pas de doute. Il ne faudrait d’ailleurs pas croire qu’il soit ici dépourvu de moyen pour agir sur l’édition scolaire, même s’il n’a pas le rôle « d’approbateur ».

    François, ne t’en fais pas… tu peux « t’attaquer à ton gagne-pain » sans gène! ;-)

    Quand à ta comparaison avec le marché des armes, je le prendrai comme une simple boutade si tu le permets.

  • Clément Laberge dit :

    Cette discussion me rappelle par ailleurs que je dois absolument faire un texte sur mon blogue en rapport avec la publication du manuel d’histoire franco-allemand — un projet fabuleux qui contraste *incroyablement* avec les débats caverneux sur l’enseignement de l’histoire que le Québec a connu dans les dernières semaines.

    Pour vous mettre l’eau à la bouche:

    http://www.nathan.fr/manuelfrancoallemand/

    C’est pas la révolution… mais c’est quand même une belle illustration du fait que même (!) de grands groupes d’édition peuvent parfois faire preuve d’audace.

    Je vous en reparlerai donc bientôt.

  • Tu fais bien, Sacco, de nous rappeler le rôle de l’État. C’est d’ailleurs agréable d’avoir quelqu’un comme toi dans sa communauté de réflexion pour veiller au grain de ce côté. Entre l’État et l’individu, il faut chercher à atteindre un certain équilibre. Le risque que je vois dans ta position, nonobstant qu’elle se défende très bien, est le fait qu’un rôle trop régulateur de l’État peut étouffer l’innovation individuelle. Dans un tel contexte, l’individu peut se sentir impuissant devant la machine gouvernementale et ne saurait rivaliser avec le lobby de l’industrie. Je sais que ce n’est pas la position que tu défends, mais je crois utile d’ajouter cet argument à la discussion. J’aime bien l’idée de Clément à l’effet que « le rôle de l’État peut être (au moins) aussi efficace par “l’incitation” que par la “coercition”. »

    L’allusion des armes à feu ne s’adressait certainement pas à toi, Clément. Je te connais trop bien pour oser imaginer une telle énormité. Cela dit, c’est impressionnant ce manuel auquel tu nous réfères, surtout ce module qui permet de ‘feuilleter le premier chapitre’. Ça prend un sacré courage de la part des Allemands pour parler aussi ouvertement de leur histoire.

    En examinant de plus près le matériel qui offert en ligne, il me vient une idée quant à la manière d’individualiser les apprentissages en fonction du nouveau d’intérêt des élèves : n’y aurait-il pas lieu de présenter chaque chapitre en fonction de niveaux d’approfondissements ? Je m’explique. Chaque chapitre pourrait commencer avec un premier niveau de connaissances essentielles, une sorte de synthèse schématisée de qui doit essentiellement être compris et que l’élève doit mémoriser du cours (car on sait très bien que la majorité des élèves, à la fin du cours, n’auront retenu qu’une infime partie de l’information). Un deuxième niveau d’approfondissement présenterait l’information importante nécessaire à mieux comprendre les événements selon le contexte historique. Enfin, un troisième niveau d’approfondissement serait offert aux élèves qui sont férus d’histoire et qui désirent accroître leurs connaissances et parfaire leurs compétences dans cette discipline scolaire. Je fais le pari qu’en présentant ainsi l’histoire, la plupart des élèves, par curiosité et par fierté, sauront aller eux-mêmes au-delà du premier niveau.

    Enfin… une idée, comme ça.

  • Commentaire un peu tardif sur le sujet. J’en profite pour saluer Clément et lui dire qu’un certain gouvernement français a déjà pensé mettre en place un mécanisme d’ »approbation officielle » des manuels. C’était celui de Vichy. L’idée n’a pas survécu. D’ailleurs les Français, pourtant habitués à un état centralisateur, nous trouvent un peu bizarres sur cette question.

    J’ai déjà eu l’occasion d’effectuer un court stage chez Hachette quand j’étais éditeur au CEC. Étonnant de constater à quel point le processus de recherche développement, de conception (création des auteurs) et de production des ouvrages pouvait présenter des similitudes. Je parle bien sûr du CEC et de Hachette Éducation. Mais il y a fort à parier que les grandes maisons adoptent des modus operandi semblables. Qu’en penses-tu Clément?

    Permettez-moi de suggérer la lecture des critères d’approbation des « ensembles didactiques » du Bureau d’approbation du MÉLS (http://www3.mels.gouv.qc.ca/bamd/info.htm). On constatera que la pensée unique en pédagogie y est envahissante et s’inscrit dans le droit fil des premières conceptions de la réforme. Voilà pour l’autonomie professionnelle…

    M. Guité pose l’hypothèse que l’utilisation des manuels conduit tout droit à l’uniformisation des apprentissages. Cette crainte est …historique et fait l’objet de nombreuses études. Pour blaguer au CEC on pensait imprimer un message sur bandeau rouge qui envelopperait chaque manuel : « Attention le danger croît avec l’usage », message accompagné de l’échographie d’un cerveau d’enfant atrophié.

    Penser cela, c’est donner beaucoup de pouvoir aux manuels. Surtout, ça ne passe pas le test de la réalité. Pour ma part, j’y vois plutôt une tentative ministérielle d’uniformiser l’enseignement. Prenez la grille des critères pédagogiques du BAMD et changez l’expression « ensemble didactique » pour « enseignant »; vous aurez un remarquable outil d’évaluation des compétences du prof et vous pourrez distinguer les profs « réforme » des profs « à réformer ».

    Dans les faits, les profs sont plus professionnels qu’on veut bien le croire. Ils analysent en profondeur leur nouveau matériel et ils sont très critiques la plupart du temps. Une fois le manuel choisi, ils peuvent, dans un premier temps, en être dépendants. Après tout c’est un nouvel outil et il faut en maîtriser le fonctionnement. Cela ne dure pas toutefois. Peu à peu, les profs arrivent à prendre pas mal de liberté par rapport à ce qu’indique le guide qui accompagne le manuel. Ils exercent leur sens critique, ils font des choix, ils effectuent des recherches et s’alimentent à d’autres sources, dont Internet bien sûr. C’est ce que j’ai observé quand j’étais éditeur, c’est ce que j’observe au collège Beaubois, tant au primaire qu’au secondaire. Cela correspond aussi aux observations de Maurice Tardif et de Claude Lessard dans leur ouvrage « Le travail enseignant au quotidien » publié aux PUL en 1999.

  • Normand péladeau dit :

    J’aime beaucoup votre analyse nuancée Monsieur Trottier. Je constate que je ne suis pas seul à voir dans les critères d’approbation l’imposition d’une pensée unique, de pratiques pédagogiques très précises. Les documents du MELS sont en effet très clairs à cet égard.

    Cependant, j’accorde pour ma part une importance primordiale aux manuels scolaires. Si l’enseignant peut, avec l’expérience et les années, en venir à personnaliser sa façon de les utiliser, il s’agit néanmoins de ses outils principaux. Si l’enseignant considère que dans le matériel qu’on lui présente, il y a trop de projets de « résolution de situations d’apprentissage complexes » et pas assez d’exercices pour l’acquisition des connaissances et habiletés de base, alors il n’a d’autre choix que de lui même concevoir ces exercices, ce qui est beaucoup demander à un enseignant souvent déjà débordé.

  • C’est franchement agréable, tous ces commentaires provenant de secteurs variés, du praticien au chercheur, en passant par l’éditeur et l’auteur. La vérité se situe sans doute au point de convergence de tous les points de vue, d’ailleurs pas si divergents dans l’ensemble.

    Le tableau que fait M. Trottier de la situation me séduit par son étendue et sa profondeur. Je lui sais gré, surtout, de si bien expliquer que les enseignants sont trop professionnels pour s’assujettir aux directives d’un manuel. La plupart d’entre eux savent d’ailleurs faire preuve de débrouillardise en puisant du matériel à de multiples sources ou en fabricant eux-mêmes du matériel.

    M. Péladeau, pour sa part, a raison de souligner l’importance de disposer d’une gamme de moyens pour répondre à la multiplicité des besoins et des situations d’apprentissage. Je seconde entièrement cette conception de l’enseignement.

    Pour clarifier ma pensée sur les manuels en tant que « recette pour uniformiser les apprentissages », je déplore surtout le fait que les nouveaux manuels qu’il m’a été donné de voir pour l’enseignement de l’anglais perpétuent la pratique du tout-le-monde-fait-la-même-tâche-en-même-temps. Au-delà de l’uniformité des apprentissages, c’est l’uniformité du travail que je remets en cause. J’avais espéré que les maisons d’édition tiennent compte de ce besoin des élèves. Malheureusement, on semble s’être préoccupé davantage des besoins des enseignants.

  • Clément Laberge dit :

    Une prosposition de grille d’analyse pour le manuel scolaire à l’intention des profs:

    http://parcours-diversifies.scola.ac-paris.fr/manuel/mettreenoeuvredesoutils/manuel.htm

    Vous en pensez-quoi?

  • Je ne crois pas que tu poses la question au bon endroit, Clément. Tu aurais certainement plus de chance sur la liste edu-ressources.

    Tu ne t’adresses pas non plus à la bonne personne, car je demeure convaincu qu’ils causent plus de mal que de bien. Le préambule de la page en question contient d’ailleurs des idées qui me font grincer des dents : « Un manuel est indispensable au collège et nécessaire au lycée. », « le choix du manuel est important, il conditionne votre travail et celui de vos élèves », « S’il est imposé quand vous arrivez dans l’établissement… ».

    Cela dit, je trouve intéressant la division de la grille qui couvre les savoirs, la didactique, la pédagogie et l’utilisation en classe. Néanmoins, il y manque une pondération en fonction des critères. Certains sont définitivement plus importants que d’autres.

    Mais ma principale critique concerne le point de vue de l’évaluation qui semble être uniquement celui de l’établissement et du professeur. On semble négliger celui de l’élève. Comment réagit-il au manuel ? est-il motivé ? en quoi est-il émerveillé ? sa curiosité est-elle piquée ? voudra-t-il approfondir ses connaissances ?

    Encore une fois, on semble vouloir mener l’élève plutôt que le guider.

  • Clément Laberge dit :

    François, ta réponse illustre bien que j’avais posé la question au bon endroit… ;-)

  • Flatteur, va !

  • Daniel Trottier dit :

    Évaluation rapide : cette grille me plait mieux que celle du MÉLS qui porte sur les aspects pédagogiques (car il y en a une autre qui porte sur la facture du matériel – sa fabrication, une autre sur les aspects socioculturels – rectitude politique oblige – et une dernière sur les aspects publicitaires… À ce propos, je me permets cette anecdote que Clément connaît peut-être. C’est l’histoire d’un manuel de français destiné aux élèves de 3e secondaire qui comprend un passage sur Rimbaud. Refusé par le Bureau d’approbation du MÉQ de l’époque au motif que les auteurs font de la pub. La phrase incriminée : « Toute l’œuvre de Rimbaud tient en un seul livre. L’élève peut l’acheter; c’est un livre qui ne coûte pas cher » ou quelque chose d’approchant. Alors, pub de Rimbaud? Pub d’un éditeur ou d’un libraire? On ne me l’a pas précisé mais on m’a expliqué que ce genre de phrase poussait indûment les adolescents à la consommation. La phrase a été modifiée : « …l’élève peut emprunter ce livre à la bibliothèque de son école ou de sa municipalité ». Fin de l’anecdote.)

    La grille proposée par Clément est intéressante dans la mesure où elle distingue la didactique de la pédagogie. Les « savoirs scientifiques » sont mis en évidence. On remarque l’emphase sur les contenus disciplinaires. En ce sens, elle m’apparaît à la fois plus simple et plus complète que celle du MÉLS, qui reste désespérément discrète sur le « rapport au savoir », épouvantablement complexe sur le plan pédagogique et soumise à l’arbitraire des évaluateurs.

  • Madame, Monsieur,

    Instituteur (d’adaptation entre autres) retraité, je suis l’auteur-éditeur d’ouvrages scolaires et parascolaires éminemment pratiques. Je vous invite à visiter le site http://www.lelivrepratique.be.
    Bien à vous,
    Claude THOMAS.

  • Hélène Paquette dit :

    Les manuels reproductibles des Éditions Scolartek inc. me semblent originaux dans leur ensemble.



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