Les cordons de la bourse


La bureaucratie scolaire étrangle les profs avec les cordons de la bourse. J’ai maintes fois eu à m’en plaindre. Le dernier incident est anodin, comme un bouton sur le nez, mais il couve un malaise beaucoup plus grand. J’avais demandé qu’on me rembourse une boîte de cartes de visite que je voulais distribuer aux parents en début d’année. C’était une décision professionnelle, mais elle m’a été refusée, même si le remboursement devait être prélevé sur un compte personnel dans lequel je verse des compensations versées par l’université pour la formation de stagiaires. La raison évoquée : la dépense a été jugée inadmissible par la commission scolaire.

J’avais mieux à faire que de me lancer à l’assaut des moulins à vent de la cortès scolaire pour une dépense de 40 $, même si je suis déchiré entre la rage et le cynisme. Le vrai drame, c’est qu’on nous demande d’implanter une réforme dans un environnement sclérosé par l’administration scolaire. Comment, en effet, innover les pratiques quand celles-ci débordent d’un cadre administratif traditionnel ? ou lorsqu’il faut, chaque fois, se démener des mois durant pour justifier une idée originale ? Si ça tourne au don-quichottisme… alors, non merci !

Un autre exemple de ce marasme ? Après deux mois d’école, nous n’avons toujours pas nos blogues pour les élèves parce que la direction a sabré le budget, nous retirant la somme prévue pour l’acquisition d’un script permettant de les créer rapidement. Misère !


Par ricochet :

La caducité des commissions scolaires

Quand on incite les profs au piratage

Vous pouvez suivre les commentaires en réponse à ce billet avec le RSS 2.0 Vous pouvez laisser une réponse, ou trackback.

2 réponses

  • Petite question :

    Les paramètres d’utilisation de ce compte ne sont-ils pas prédéfinis?

  • Comme il y a eu des abus de quelques enseignants dans le passé, la commission scolaire a effectivement défini des paramètres d’utilisation des comptes de compensation pour stagiaires. L’esprit du règlement est à l’effet que les dépenses servent à des fins éducationnelles, ce que je considère tout à fait justifié. Mais dans leur zèle, et pour éviter les échappatoires, le texte stipule que les dépenses doivent servir les élèves. Tout allait bien jusqu’à ce que la commission scolaire décide de s’approprier la gestion d’un dossier qui relevait des directions d’école. Désormais, il revient à un technocrate de juger de l’admissibilité des dépenses. Il semble que dans le transfert des fonctions, l’esprit du règlement ait été perdu et qu’il soit maintenant appliqué au pied de la lettre.

    Mais c’est justement le point que je fais valoir : l’application trop étroite des règlements ne fait que mettre des bâtons dans les roues de la créativité. Qui dit innovation doit souvent déborder du cadre administratif habituel. Si le cadre administratif ne sert qu’à faire tenir tout le monde dans le rang, alors on étouffe l’inventivité. Non pas que des cartes de visite soient l’invention du siècle ; ce n’est qu’un exemple pour illustrer comme il est difficile pour un enseignant de quitter les sentiers battus. Non seulement on nous étrangle avec les cordons de la bourse, mais la bornerie des bureaucrates nous asphyxie.



Laisser un commentaire à François Guité

*