Damnés coupe-feu

Triste journée pour l’intégration des TIC à l’école : le coupe-feu interdit aux élèves de télécharger, à partir de mon carnet électronique d’enseignant, un document à leur intention, alors qu’il s’avère une passoire pour la pornographie lors d’une recherche anodine dans Google. …

Après que des élèves m’aient avisé qu’un document offert sur mon blogue ne pouvait pas être téléchargé, je découvre que le coupe-feu saborde l’opération parce que le titre (Sherlock Holmes and the Case of the Sussex Vampire) contient le mot « sex ». Passez-moi l’expression, mais c’est pas fort comme coupe-feu! D’autant plus que ça n’a pas empêché de m’enflammer.

Je pourrais, bien sûr, modifier le titre du document. Mais je m’y refuse par respect pour l’oeuvre et l’auteur, Sir Arthur Conan Doyle, qui n’ont pas à subir les ratés d’une technologie qui est l’opposée de l’art.

Plus tard dans l’après-midi, en effectuant une recherche dans Google Image à l’aide d’un mot-clé inoffensif, la première page de la requête m’affiche une tapée d’images pornos qui scandaliseraient plus d’un parent. Nouvelle frustration… décuplée d’un sentiment d’inefficacité et de ridicule

La coïncidence a eu l’impact d’une gifle; non pas une gifle qui offense, mais une de celles qui vous ramène à la réalité. J’ai constaté à quel point les élèves (du moins ceux du P.E.I., très technophiles) doivent en voir de toutes les couleurs pendant leurs recherches sur le Web. Mais on préfère fermer les yeux. Plutôt que d’en faire un sujet d’éducation, il est plus facile de s’abriter derrière une protection légale, aussi pathétique soit-elle.

Un portfolio de vie

L’idée d’un portfolio de vie m’avait déjà séduit. Il s’agit simplement d’étendre le portfolio d’apprentissage, somme toute artificiel, au niveau de l’existentialisme et de l’individualisme. Ne sous-estimons pas l’impact sur le devenir d’un être d’une référence perpétuelle à son passé. Ellen R. Cohn et Bernard J. Hibbitts élaborent sur le sujet dans Beyond the electronic Portfolio: A Lifetime Personal Web Space. …

Voici quelques passages pour appuyer l’élargissement du portfolio scolaire :

Of even greater concern, as the culture of the e-portfolio proliferates, it will contribute to an ossification of the current prefabricated, one-size-fits-most e-portfolio model. Institutions and commercial entities that bind their energies and resources to current e-portfolio constructs may be slower to develop and embrace a yet to be developed transformative educational paradigm that more completely integrates education across the lifespan.

The LPWS [Lifetime Personal Web Space] will thus be organized more like our brains than our file cabinets.

The LPWS construct will enable users to preserve more knowledge over time and to forge richer connections between their academic and work endeavors.

A fully developed LPWS paradigm will require integration between multiple systems (educational, social, business, and government).

• [...] an individualized Web space that can simultaneously function as a vade mecum, a paidogogos, a “guide on the side,” a life-long storage space that retains work products and their seminal versions, and a virtual exhibit of one’s evolving work.

L’idée d’un portfolio virtuel, contenant des archives textuelles, audio, vidéo — et qui sait ce que l’avenir nous réserve — vaut mieux, à tout prendre, qu’une pierre tombale.

Contrôle des élèves par empreintes digitales

Horreur ! Une école anglaise recourt aux empreintes digitales électroniques pour lutter contre l’école buissonnière (BBC: School trials fingertip clock-in). Plutôt que d’investir dans des technologies qui attirent les élèves à l’école, on mise sur celles qui les asservissent.


Par ricochet :
Micropuces pour gérer les élèves

Pas de malbouffe dans les écoles du Québec

J’applaudis l’initiative du gouvernement du Québec de vouloir éliminer la malbouffe des écoles. Les écoles ont eu tout le temps voulu d’en faire une question d’éducation, mais ont préféré vendre leur âme au diable de la rentabilité, sorte de nicotine et de gras trans qui mène à la myopie administrative. Il va être intéressant de voir comment les commissions scolaires vont composer avec les contrats d’exclusivité signés avec des multinationales de la malbouffe. Quand j’ai discuté de la nouvelle avec mes élèves du secondaire, les seules objections (exprimées) sont venues d’élèves très sportifs. La véhémence de leur réaction m’a étonné, et j’ai eu le sentiment qu’ils se croient immunisés contre les effets du junk food.


Par ricochet :
L’éducation passe aussi par l’assiette

Revue de composition digitale

Si vous prenez soin de bien habiller vos idées avant de les publier, la revue Computers and Composition Online peut vous intéresser, elle qui a déjà plus de vingt ans. À tout le moins, vous ne voudrez pas manquer le numéro spécial sur les aspects pédagogiques des compositions multimédias (Kairosnews : Computers and Composition Special Issue: Multimedia Composition).

Les TIC qui influenceront nos apprentissages

Robin Good y va de sa liste des 10 technologies qui vont changer nos façons d’apprendre. Je ne peux qu’acquiescer à tant de clairvoyance. Comment s’objecter à des moyens comme les technologies de recherche, les logiciels de visualisation des données, les blogues et agrégateurs, les outils de partage de fichiers (P2P), les outils de publication collaboratifs, ainsi que les filtres collectifs d’information (del.icio.us). Je parie néanmoins que la liste sera caduque d’ici cinq ans :-)

Écoles communautaires

Formidable idée que d’ouvrir les écoles à la communauté. On se demande pourquoi cela a tardé, étant donné que cela se fait déjà dans plusieurs pays. Je déplore, par ailleurs, que Le Devoir, dans sa rubrique Éducation, n’aborde la question que sous l’angle financier, sans égard à l’impact social (Le Devoir : Des écoles ouvertes et communautaires). J’admets qu’il s’agissait du sujet principal à traiter. Mais cette insistance à tout examiner avec la myopie d’un grippe-sou ne fait qu’entretenir l’obsession pour la piastre. Dommage que la presse soit complice. N’y a-t-il pas quelqu’un pour voir au-delà des chiffres ?