Le mind mapping pour contrecarrer le copier-coller


BuntDiagramParallaxPlanets.jpgCopier sur un seul, c’est du plagiat. Copier sur deux, c’est de la recherche. (Wilson Mizner)

La quasi unanimité des professeurs à décrier le copier-coller et à pointer du doigt les nouvelles technologies de l’information porte à croire que son rejet systématique relève davantage de la pensée de groupe que d’une réflexion sur le phénomène. Je l’ai constaté maintes fois au refus des professeurs d’en discuter. Le copier-coller n’est pas d’emblée un signe de fausseté ou de paresse intellectuelle, quoique cela ne soit pas exclu; il s’inscrit souvent dans un processus de synthèse où l’auteur pèche par négligence, voire par ignorance. Dans la plupart des cas, en situation d’apprentissage, cela ne justifie pas le rejet total du travail.

La valorisation de la démarche, en amont du produit final, est un moyen efficace de prévenir le copier-coller. Les habiletés et les stratégies inhérentes à la démarche constituent d’ailleurs les éléments les plus transférables des apprentissages scolaires.

Gaël Plantin a compris l’importance de former les élèves à la démarche par une escale dans l’univers du mind mapping (M’Sieur S.V.P.? : Les cartes heuristiques pour lutter contre le Copier-Coller?; source : Éducation 2.0). On notera la structure fort détaillée de sa planification.

Il serait mal venu à quiconque de critiquer le chemin tracé par Gaël, dans l’ignorance du contexte, des élèves et de l’intention pédagogique. Je veux seulement signaler que les cartes heuristiques peuvent être tantôt un moyen de brainstorming, tantôt un moyen de représenter le plan d’un travail, parfois même les deux à la fois. Contrairement à un plan de rédaction traditionnel, cependant, la méthode qu’il propose a l’insigne avantage de limiter la pensée à des mots-clés, évitant d’autant plus le copier-coller.


(Image thématique : Diagram Showing the Parallax of the Plantes, par Charles Bunt)


Par ricochet :

À la défense du copier-coller

Vous pouvez suivre les commentaires en réponse à ce billet avec le RSS 2.0 Vous pouvez laisser une réponse, ou trackback.

2 réponses

  • florence meichel dit :

    Et je pense que pour Gael et ses élèves ce n’est qu’un premier pas…mais décisif ! :-)

  • Merci François d’accorder crédit à mes propos.

    Je vous livre quelques éléments de contexte, en réponse à vos interrogations.

    D’ordinaire, j’oeuvre avec des classes d’apprentis ou en formation professionnelle.

    Cette année, je re-découvre une classe de quatrième -14ans- (après 4 ans sans les avoir cotoyés).

    80% des élèves sont des kinestésiques-visuels (cf. profil dressé sur le site apprendre à apprendre) dont la maîtrise de la langue est limite, notamment d’un point de vue rédactionnel.

    J’essaie de produire des activités pédagogiques qui mettent l’accent sur :
    * le cheminement intellectuel ;
    * les aspects organisationnels ;
    * les outils facilitant.

    Je m’évertue à créer des activités complexes qui font appel à toutes les habiletés sollicitées en situation réelle.

    Dans mon domaine, la bureautique, mes élèves savent utiliser les principales fonctions.
    En revanche, ils maîtrisent mal les fonctionnalités directement liées à la production, l’organisation et la mise en valeur d’un contenu intellectuel.

    Dans l’activité que vous citez en référence, qui vise la production d’un exposé, je cherche :
    * à canaliser la tendance de mes élèves à se jeter sur une information sur-abondante. J’aimerais qu’ils prennent conscience que le volume d’informations disponibles doit les conduire à opérer une sélection ;
    * à leur apprendre à organiser l’information sélectionnée afin qu’elle forme un tout cohérent, dont les parties s’enchaînent. L’objectif reste de produire un exposé qui sera présenté devant le groupe. Il faut donc que le document produit le soit dans cet optique et facilite le rendu.
    * à faciliter leur propre production de contenu dans le respect de celui des autres : on expose mieux ce que l’on a conçu soi-même…
    * à leur montrer comment intégrer les outils bureautiques à leur cheminement intellectuel.

    Si je suis persuadé qu’il faut laisser sa liberté à l’apprenant, je n’en demeure pas moins certain que l’enseignant se doit de guider l’apprenant, de l’accompagner dans sa liberté.
    C’est pourquoi je tente de produire un caneva détaillé pour chaque activité.
    J’ai en effet constaté qu’un cadre précis, détaillé, rassure l’apprenant qui reste libre d’utiliser ou non, toute l’aide que je lui propose par le biais de mon outil pédagogique.



Laisser un commentaire à Gael PLANTIN

*