Étude : la première année est la plus importante


MurakamiFlowerBall.jpgTout a un début, une existence, une fin. (Philippe Starck)

La dynamique des écoles québécoises fait en sorte que les professeurs brandissent leur ancienneté pour migrer vers les degrés supérieurs. Quoique la direction ait toute l’autorité d’assigner les postes, la tradition veut que les professeurs aient libre choix en fonction de leurs années d’enseignement; dans ce contexte, la direction juge plus prudent d’accéder aux attentes des plus influents afin de ne pas créer de remous. Du coup, ceux qui commencent dans le métier se voient souvent confier les plus jeunes. Or, une étude confirme ce que plusieurs éducateurs soupçonnent, à savoir que la première année est la plus cruciale (EurekAlert! : Reception year teachers most important for primary education).

L’étude démontre que les effets d’un bon départ scolaire persistent même jusqu’à la fin du primaire. L’importance de partir du bon pied est particulièrement critique dans les milieux défavorisés (Le Devoir : École primaire – Des difficultés précoces). Plutôt que d’attirer les meilleurs enseignants à la première année par le biais d’une prime salariale, une cause inévitable de dispute au sein de l’équipe, certaines mesures incitatives peuvent être instaurées pour alléger et améliorer la tâche. Quelques idées viennent spontanément à l’esprit :

    - diminuer le nombre d’élèves dans les classes;

    - accorder plus de ressources matérielles, dont les TIC;

    - accroître le nombre d’orthopédagogues et le soutien pédagogique;

    - augmenter la formation professionnelle;

    - alléger la tâche en vue d’une culture de réseau.

Les coûts engendrés par de telles mesures sont très certainement récupérés par les économies faites dans les programmes d’aide sociale. Nous savons fort bien que le décrochage scolaire et l’ignorance coûtent fort cher.

(Image thématique : Flower Ball (3-D) Kindergarten, par Takashi Murakami)


Par ricochet :

Le coût de l’ignorance

La valeur économique de la littératie

Trois choses à enseigner aux enfants

La disposition des enfants à apprendre à l’école

10 raisons de lire aux enfants

Qu’est-ce qui fait un bon professeur?


Opinions sur l’école maternelle et primaire (Écrans de veille en éducation)

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Une réponse

  • François, dans ta liste :

    - diminuer le nombre d’élèves dans les classes ;
    - accorder plus de ressources matérielles, dont les TIC ;
    - accroître le nombre d’orthopédagogues et le soutien pédagogique ;
    - augmenter la formation professionnelle ;
    - alléger la tâche en vue d’une culture de réseau.

    je séparerais les orthopédagoques du « soutien pédagogique », et rajouterais :

    Accroître le soutien pédagogique, entre autes,
    - en accordant un-e « aide-enseignant-e », à chaque (nouvel-le) enseignant-e …

    Entre autres, dans un cadre où les TIC sont pleinement utilisés, ce serait tout à fait utile, et à l’enseignant-e, et aux élèves, et aux aides-enseignant-e-s, qui pourraient, de cette façon, prendre de l’expérience en enseignement ; ça pourrait être une mesure instaurée initialement pour aider les nouveaux enseignants, question de leur donner le temps de prendre de l’expérience, un peu comme ces mentors qui sont présentement mis disponibles dans les Commissions scolaires pour ces nouveaux enseignants. Sauf que le mentor n’étant pas sur place, mais plutôt une ressource avant et après « l’action », il ne pourrait donc pas aller avec Marie chez l’infirmière, ou répondre à Julien et Robert pendant que l’enseignant-e répond à Julie et Roberte…

    Ces aide-enseignant-e-s pourraient être des étudiants en enseignement, qui pourraient ainsi prendre de l’expérience pratique dans leur futur milieu de travail, en plus des practica plus formels et de la théorie pédagogique ; je suis convaincu que multes étudiants, voire assistés sociaux assez éduqués, seraient heureux de prendre cette tâche pour 10-12 $ de l’heure : bref, ça ne coûterait pas si cher que ça et il me semble que les résultats seraient bénéfiques pour les élèves, les clients de cette grande entreprise.

    Surtout en première année, un-e aide-enseignante serait un GROS +, mais également, au premier cycle du secondaire ; par ailleurs, en janvier 2007, on annonçait que des élèves d’une classe de quatrième année venait de « planter » leurs quatrième prof depuis septembre, ce qui suggère qu’un-e aide-enseignant-e serait parfois souhaitable, et ce, tout au long du primaire ? Ce modus operandi est appliqué par les Ménnonites et aussi en Scandinavie : un-e aide-enseignant-e par (nouvel) enseignant.



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