Racines philo des théories d'apprentissage

La querelle entre les empiristes et les réformistes qui déchire le monde de l’éducation repose sur des approches philosophiques divergentes. Norm Friesen attire notre attention sur une représentation des influences philosophiques qui divisent le monde de l’éducation (Ipseity : Learning Theories: The Philosophical Family Tree). Le schéma, l’oeuvre de Gerry Stahl, nous ramène au rationalisme de Descartes pour aboutir enfin à la théorie de l’activité issue des travaux de Vygotski, en passant par Kant et Hegel. Mis à part les considérations particulières, ce portrait global illustre superbement les limites de l’empirisme.



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Non pas que le constructivisme ou les théories sociales de l’éducation n’aient pas aussi leurs limites. Au contraire : il appert que chaque courant, par abstraction des autres, ne saurait prétendre à la vérité absolue. Mais alors que les réformistes sont disposés à considérer les résultats de la recherche empirique, à tout le moins en fonction de la spécificité du temps et du lieu de la recherche, les empiristes, du moins ici au Québec, rabaissent les théories globales sans leur accorder une once de considération. C’est regrettable, car malgré l’importance de la dialectique, le peu de ressources en éducation et l’ampleur des problèmes à résoudre appellent à la collaboration plutôt qu’au déchirement.

En attendant une théorie unifiée, il semble que l’on continuera à se disputer, comme cela a encore été le cas récemment dans un billet de Mario.


Par ricochet :

Synthèse des théories éducationnelles

enGauge : théorie et intégration des TIC

Funderstanding : fondements de l’éducation

Compilation des théories éducationnelles

Encyclopédie éducationnelle

Les théories n’ont pas de coeur

Synthèse des théories d’apprentissage

Au-delà des disputes théoriques

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3 réponses

  • Clément Laberge dit :

    Merci François pour ce rappel/explication.

    Tu le présentes comme un point de vue philosophique, mais j’aurais également envie d’en accroître la portée vers l’éthique, voire le politique.

    L’éducation est une chose politique. Un système scolaire s’appuie forcément sur des choix politiques — implicites ou explicites — qui s’appuient eux mêmes sur une certaine vision du monde.

    Et si derrière tout ce « bruit » ce qui divisaient le plus les pourfendeurs et les défenseur de « la réforme » c’était leur vision du monde tel qu’il sera dans 10, 20 ou 50 ans?

  • Ton approche est plus réaliste, Clément. De ce fait, c’est un excellent ajout à la position que je faisais valoir. Idéalement, les deux ne devraient faire qu’un, car j’ose espérer que la politique, du moins celle qui n’est pas intéressée, va dans le sens de qui nous sommes. Mais c’est rarement le cas, n’est-ce pas ?

  • Alphonse Brunstein dit :

    Un petit passage par
    le choix de l’absence de théorie conjugué à la conviction que tout discours sans contexte est stérile, chez Jacotot
    et chez le même maître ignorant, la conviction que
    « Tous les humains sont d’égale intelligence »
    ferait du bien.

    Notre vision – même chez les littéraires – est devenue bien trop scientifique

    Ce qui laisse croire d’ailleurs que la distinction esprit – corps a disparu
    alors même qu’il n’y a quasiment plus de chair (de vie) dans ce que nous pensons du vivant
    lequel se confond désormais avec nos modèles – notre numérisation – des phénomènes.

    Toujours cette question qui me turlupine
    comment apprend une mouche
    voire … une fleur
    ?



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