La sexualisation des jeunes

ostretsovsexLe sexe sans péché c’est comme un oeuf sans sel. (Carlos Fuentes)

La sexualité et l’apprentissage chez les jeunes suivent des voies concomitantes, en ce que l’un et l’autre s’émancipent du joug institutionnel. Ce faisant, elles perdent peu à peu leur caractère universel au profit de phénomènes générationnels. La jeunesse, emportée par la fougue, se distance malencontreusement des aînés, à qui l’expérience a appris la sagesse. Déboussolée, la vieillesse prêche une moralité souvent postiche. C’est le cas, il me semble, de la pornographie, une saleté dont on affuble tout ce qui touche la sexualité.

Le délicat sujet du sexe chez les jeunes me trotte dans la tête depuis quelque temps. Il suffit de côtoyer des adolescents pour y être exposé. Elle est si omniprésente qu’on y échappe plus. Quelques nouvelles récentes, dont un article rapporté par Florence Meichel (AgoraVox : Jeux pornographiques sur le net, attention danger!) et cet autre sur le sexting (Globe and Mail : Check out my hot bod: Wait, I can get that back, right?), n’ont fait qu’exacerber la question.

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Damnés coupe-feu

Triste journée pour l’intégration des TIC à l’école : le coupe-feu interdit aux élèves de télécharger, à partir de mon carnet électronique d’enseignant, un document à leur intention, alors qu’il s’avère une passoire pour la pornographie lors d’une recherche anodine dans Google. …

Après que des élèves m’aient avisé qu’un document offert sur mon blogue ne pouvait pas être téléchargé, je découvre que le coupe-feu saborde l’opération parce que le titre (Sherlock Holmes and the Case of the Sussex Vampire) contient le mot « sex ». Passez-moi l’expression, mais c’est pas fort comme coupe-feu! D’autant plus que ça n’a pas empêché de m’enflammer.

Je pourrais, bien sûr, modifier le titre du document. Mais je m’y refuse par respect pour l’oeuvre et l’auteur, Sir Arthur Conan Doyle, qui n’ont pas à subir les ratés d’une technologie qui est l’opposée de l’art.

Plus tard dans l’après-midi, en effectuant une recherche dans Google Image à l’aide d’un mot-clé inoffensif, la première page de la requête m’affiche une tapée d’images pornos qui scandaliseraient plus d’un parent. Nouvelle frustration… décuplée d’un sentiment d’inefficacité et de ridicule

La coïncidence a eu l’impact d’une gifle; non pas une gifle qui offense, mais une de celles qui vous ramène à la réalité. J’ai constaté à quel point les élèves (du moins ceux du P.E.I., très technophiles) doivent en voir de toutes les couleurs pendant leurs recherches sur le Web. Mais on préfère fermer les yeux. Plutôt que d’en faire un sujet d’éducation, il est plus facile de s’abriter derrière une protection légale, aussi pathétique soit-elle.

Un carnetier muselé

Imaginez le désarroi de ce carnetier bien connu du milieu de l’éducation et qui apprend qu’on lui demande de cesser de supporter les blogues et les wikis parce qu’ils portent ombrage aux systèmes d’apprentissage en ligne, de type industriel, achetés par l’université pour laquelle il travaille. …

Comme il le précise si bien, en plus d’être un utilisateur et un promoteur de ce type de service, ses actions visaient davantage à combler les lacunes du service qu’à les saboter. Il faut d’abord se demander quel idiot de gestionnaire peut vouloir ainsi étouffer l’engagement et l’innovation dans son milieu de travail. Les commentaires de soutien sont à sujet très éloquents.

Il est à craindre que ceci ne soit pas un cas isolé. Le milieu de l’éducation n’aura pas d’autres choix que d’investir des sommes considérables dans les TIC pour assurer sa pertinence, voire sa raison d’être. Dans un tel contexte, plusieurs administrateurs investiront dans des solutions clé en-main (lire coûteuses) proposées par des compagnies qui ne verront pas d’un très bon oeil les initiatives locales. D’autant plus si elles sont marginales et efficaces. Du point de vue d’un gestionnaire, c’est l’occasion de faire entrer les excentriques dans le rang. L’ironie est que le changement maintenant institutionnalisé a d’abord été initié par des anticonformistes.

Palmarès de la censure

Project Censored, un groupe de recherche médiatique de l’université Sonoma State (CA), a récemment fait paraître son palmarès des top 25 articles censurés pour l’année 2003-2004. Sans trop se surprendre, la majorité des reportages proviennent du pays même qui se targue de défendre la liberté d’expression.