Les ados et le cellulaire transforment le paysage TIC


OlbinskiRadicalTransSymbols.jpgLes progrès du savoir sont essentiellement la transformation d’un savoir antérieur. (Karl Popper)

L’utilisation des cellulaires à des fins éducatives a défrayé plusieurs chroniques cette semaine. D’abord cette étude, dont Jacques Cool a extrait l’essence, qui révèle qu’ils servent de support à l’apprentissage (EurekAlert! : Mobile phones help secondary pupils). Un autre reportage s’intéresse aux cellulaires qui permettent de diffuser de la vidéo en direct (New York Times : Capturing the Moment (and More) via Cellphone Video), une technologie qui a une incidence sur les droits de la personne à la non-weblication et à laquelle il faut éduquer les jeunes.

Une anecdote illustre bien la polyvalence des cellulaires et la créativité qu’ils suscitent chez les jeunes. Un père qui s’opposait à leur usage à l’école a changé son fusil d’épaule en constatant que son fils, n’ayant pas eu le temps de noter le devoir de mathématique au tableau, avait tiré son cellulaire de sa poche pour en prendre une photo (Times Argus : Learning in a digital world). La débrouillardise est largement fonction des moyens à portée de la main.

Enfin, un rapport du CTIA, un regroupement international de l’industrie des radiocommunications, regorge d’information sur l’usage du cellulaire chez les Américains de 13 à 19 ans. L’avenir, indubitablement, est façonné par les digital natives (Telephony World : National Study Reveals How Teens Are Shaping & Reshaping Their Wireless World). Quoique le rapport ait été produit à des fins de marketing, son sommaire (PDF) présente une tapée de données et de schémas. On s’est intéressé entre autres à l’habileté des adolescents à taper sans regarder le clavier et aux raisons pour lesquelles ils ont recours au texto; en outre, on apprend qu’ils sont plus réticents que les adultes à révéler des infos personnelles.

Bonne nouvelle pour le iPhone, les quatre accessoires d’un cellulaire les plus convoités par les adolescents sont un lecteur de musique, un GPS, un ordinateur et un lecteur vidéo.

Toutefois, j’ai surtout été saisi d’un graphique qui résume l’impact du cellulaire sur la vie des ados. On remarquera la faible proportion de ceux qui reconnaissent une influence positive de l’appareil sur leur éducation (cliquez sur l’image pour un agrandissement). À mon avis, cela reflète l’échec de l’école à montrer comment les nouvelles technologies peuvent servir à l’apprentissage et la perception qu’on leur inculque que les réseaux sociaux nuisent aux résultats scolaires.


    CellPhoneImpactTeenLifeS.jpg


(Image thématique : Radical Transformation of Symbols, par Rafal Olbinski)


Par ricochet :

L’inévitabilité des cellulaires à l’école

Les cellulaires au service de l’école

Les cellulaires pour apprendre


Autre étude démontrant la pertinence du cell en classe (Ze Cool blogue)

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7 réponses

  • Faut-il vraiment s’en surprendre, de ce petit 18% avec tout ce qu’on a entendu l’an dernier quand le conseil étudiant a tenté une très timide percée ?… (Le Québec ne doit pas avoir le monopole du gros frein…)

  • >Un père qui s’opposait à leur usage à l’école a changé son fusil d’épaule en constatant que son fils, n’ayant pas eu le temps de noter le devoir de mathématique au tableau, avait tiré son cellulaire de sa poche pour en prendre une photo

    Il avait peut être aussi regardé la série canadienne Regenesis en 2004 où le prof. Sandström utilisait parfois sont portable pour capturer des formules chimiques complexes au tableau.
    http://en.wikipedia.org/wiki/ReGenesis_(TV_series)

  • Est ce que l’on a des exemples d’une intégration des cellulaires dans une démarches pédagogique ?

    Et si non : pourquoi ne pas l’inventer ?

  • Geneviève dit :

    Avant tout, je crois qu’il faudrait faire l’expérience des cellulaires à des fins éducatives en classe avant de tirer une conclusion finale. On pourrait alors identifier les biens faits et les problèmes de ce fonctionnement. Toutefois, il serait important d’amener avant tout les élèves à se questionner sur ce que représente pour eux les technologies et surtout les cellulaires, puisqu’il est ici question de ce point. Aussi, il serait intéressant de voir jusqu’où on peut contrôler ces technologies au service des élèves. Oui, la pédagogie priviliégie l’autonomie des élèves, mais avouez qu’il peut être très tentant d’utiliser le cellulaire à des fins non éducatives, pendant les heures de cours, au lieu d’écouter l’enseignant(e) parler. Alors, est-ce qu’il y a un plan d’action et, si oui, que prime-t-il? C’est qu’il faut savoir si l’utilisation du cellulaire comme outil éducatif répond bien aux valeurs de notre système éducatif: autonomie, responsabilité, apprentissage actif, développement social, prise de conscience du monde externe, etc. Bref, est-ce que cette technologie à bel et bien sa place et, si valeur éducative il y a, est-elle et saura-t-elle être reconnue?

  • Peut-être trouvera-t-on réponse à plusieurs des questions qu’on se pose dans cet autre billet.

  • Le lycée des graves de Gradignan (France) utilise des iPod dans leur dispositif éducatif. Ce n’est pas encore des téléphone mais on y vient.

    Je pense qu’il est temps de renoncer a la maitrise des outils et des enfants. Bien évidement, les enfants utilisent les outils à d’autres fins. Et alors ? Comment peut on vouloir aider à construire des citoyens libres en les enfermant dans des carcans ?

    Et puis, il faut aussi voir ce ce vagabondages, ces bricolages, sont à leur source portés par la créativité. Regardons autour de nous. Il n’y a pas besoin d’aller loin : tous ces mashup que nous utilisons sont des détourmements de dispositifs ! L’internet même, dans son ensemble, avait été inventé pour connecter des machines. Nous y connectons mainentant aussi des hommes



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