Quand l'expertise freine l'innovation


RockwellExpertSalesman.jpgL’expert est celui qui en sait de plus en plus sur de moins en moins. (Nicholas Butler)

Je suis de près les efforts pour libérer les écoles du joug du ministère et des commissions scolaires. Dans les prochains jours, la conférence de presse de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE) retiendra particulièrement mon attention, elle qui a déjà réclamé plus d’autonomie de gestion. Mario couvrira d’ailleurs l’événement (Mario tout de go : Ramener le centre de décision à l’école); je suis impatient de lire son point de vue.

Pour faire avancer l’éducation et l’extirper du marasme dans lequel il s’enlise, nous avons besoin d’innovateurs plus que de gestionnaires. Il faut se défier du paradoxe de la connaissance et de l’expertise : plus celles-ci augmentent, plus notre propension à innover diminue parce que nous sommes régis par un appareil dont la vision est arrêtée (New York Times : Innovative Minds Don’t Think Alike).


(Image thématique : Expert Salesman, par Norman Rockwell)


Par ricochet :

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Étude : comment prédire l’innovation

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Invitation flatteuse? (Variations sur thèmes)

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6 réponses

  • «Nous sommes régis par un appareil dont la vision est arrêtée»… c’est tellement vrai! Des CS pros-microsoft qui ne veulent pas s’avancer plus sur les TIC…

  • Clément Laberge dit :

    « Pour faire avancer l’éducation et l’extirper du marasme dans lequel il s’enlise, nous avons besoin d’innovateurs plus que de gestionnaires. »

    Attention François, à l’opposition entre ces deux termes (innovateurs et gestionnaires). D’une part parce qu’il ne sont (heureusement) contradictoire et, d’autre part, parce qu’aussi étrange que cela puisse paraître, un innovateur a besoin, je pense, de gestionnaires pour lui assurer un contexte propice à l’innovation.

    Je n’irai évidemment pas jusqu’à dire que que tous les gestionnaires se valent quand vient le temps de permettre, voire de favoriser l’innovation…

  • Tu as raison Clément, bien sûr, mais je ne croyais pas nécessaire d’être si explicite. Par souci de concision, il me semblait que le début de la phrase, lequel contient à la fois un objectif et un état de fait, justifiait la proposition principale. L’équilibre est évidemment souhaitable; toutefois, au niveau décisionnel, je vois aujourd’hui beaucoup de gestionnaires, et peu d’innovateurs.

    J’aurais dû me méfier des susceptibilités. La communication est vraiment chose difficile.

  • florence meichel dit :

    La communication est juste chose humaine ! C’est ce qui fait sa difficulté et son intérêt ! :-)

    Bonne journée à tous !

  • Jean Trudeau dit :

    « …nous avons besoin d’innovateurs plus que de gestionnaires »

    Avis au ‘gestionnaire de classe’!

  • Comme j’aime bien les citations, celle-ci, non récente, pour appuyer :

    «Bien peu de ceux qui auraient l’imagination, la créativité, le dynamisme nécessaire pour innover réellement se tournent vers le domaine de l’éducation. De ceux qui y sont entrés, beaucoup le quittent par déception. En matière d’éducation, le conservatisme est devenu un phénomène social qui se perpétue de lui-même.»
    (S. Papert, Jaillissement de l’esprit)



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