Le sexe d'un enseignant affecte l'apprentissage


Les garçons apprennent davantage des professeurs masculins, et les filles en présence des enseignantes. C’est du moins l’étonnante conclusion d’un chercheur dont l’étude sera publiée dans la revue Education Next (Globe and Mail : Teacher’s gender affects how well kids learn, study suggests ; Cyberpresse : Le sexe des enseignants influence l’apprentissage des élèves). La nouvelle est particulièrement intéressante au regard des effets combinés de la baisse de professeurs masculins dans les écoles et les plus grandes difficultés scolaires éprouvées par les garçons. Cela va sans doute raviver le débat entourant la séparation des garçons et des filles à l’école. Pour ma part, je me souviens avoir ressenti un rapport plus étroit avec les professeurs masculins.

La majorité des études sur la séparation des garçons et des filles indiquent que pareil regroupement a peu d’effet sur les apprentissages. Mais peut-être ces initiatives ont-elles négligé de considérer le sexe des enseignants.

Non pas que je préconise la séparation garçons et des filles. Il y a des considérations autres que les savoirs académiques dans une éducation globale, notamment les relations interpersonnelles. Garçons et filles doivent apprendre à se côtoyer. La somme des apprentissages sur le plan interpersonnel, par socioconstructivisme, est certainement considérable. Sacrifier ce savoir-faire au profit de quelques connaissances académiques ne vaut pas la chandelle. Est-il besoin de rappeler que la socialisation constitue l’une des trois missions fondamentales de l’école québécoise (instruire, socialiser, qualifier).

La complexité de l’éducation devient de plus en plus apparente, particulièrement pour le professeur. Pour les gestionnaires, la solution facile réside dans l’analyse des résultats chiffrés.

De mes archives :

The Washington Post : Mars and Venus in the Classroom


Par ricochet :

Ségrégation garçons-filles à l’école : effet négligeable

L’école est-elle trop “féminine” pour les garçons ?

Différences de cerveau entre les sexes

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2 réponses

  • Normand Péladeau dit :

    UNE étude a démontré ce lien, mais il semble que plusieurs autres études auraient testé cette hypothèse et qu’ils n’ont trouvé aucun effet (je crois que c’est à Maissonneuve à l’Écoute que j’ai entendu cette intervention). Il est toujours peu prudent de se fier qu’à une seule étude, puisque pris isolément, il est possible de confirmer sans doute n’importe quelle hypothèse. Avant de faire du chemin sur les résultats d’une seule étude, la prudence élémentaire voudrait que l’on examine la littérature sur la question pour voir s’il existe d’autres recherches qui confirment ou contredisent ces résultats (d’où l’intérêt des recensions d’études et des méta-analyses).

  • Bon point, M. Péladeau. Une autre considération utile : il faut laisser le temps à la communauté scientifique de réagir à une étude, tant sur le plan de la méthodologie que des études antérieures, comme vous le signalez.



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