La commercialisation de la réussite scolaire


Le plus important district scolaire de la ville de Houston a unanimement adopté un programme de 14,5 millions $ pour récompenser les enseignants et les administrateurs scolaires en fonction de la réussite des élèves aux examens standardisés (New York Times : Houston Ties Teachers’ Pay to Test Scores). Hormis les effets néfastes de ces programmes sur le développement des compétences et des habiletés individuelles, je suis d’indigné de lire que les enseignants, eux qui se farcissent le plus gros du boulot, recevront une part bien inférieure à celle des administrateurs.

Le programme prévoit que certains enseignants pourront recevoir jusqu’à 3 000 $, les directeurs d’école jusqu’à 6 000 $, tandis que les gros bonnets seront admissibles à des primes pouvant atteindre 25 000 $. De surcroît, le programme n’est pas accessible aux enseignants des disciplines non visées par les tests de standardisation. Je devine la jalousie et le ressentiment que cela ne manquera pas d’engendrer au sein des enseignants. Et la cupidité étant mère de bien des maux, plusieurs relations maîtres-élèves s’en trouveront avilies.

Le plus grave problème des programmes d’enseignement liés à la réussite est qu’ils font de l’évaluation une finalité obsessionnelle plutôt qu’un instrument sporadique au service des apprentissages. Du coup, le valet est couronné roi. Tout l’appareil scolaire subit une mutation quasi kafkaïenne, devenant en quelque sorte une machine à préparer les élèves aux examens de fin d’année. Le phénomène a été maintes fois dénoncé par les critiques de la politique du No Child Left Behind de l’administration Bush. À ce sujet, il faut lire cet autre article du New York Times : Bitter Lesson: A Good School Gets an ‘F’ (inscription gratuite, ou obtenez un code d’accès par l’entremise de BugMeNot).

The principal, John Hughes, has mixed feelings about all the testing that goes on these days, but professionally, he has put that all aside. « The profit margin in this business is test scores, » he said. « That’s all they measure you by now. »


Test prep? « Are you kidding? » he said. « We start in September and we don’t stop until the tests are over, » in March.

Dans mon for intérieur, je soupçonne plusieurs écoles du Québec de s’abaisser à ce genre de pratique afin de joindre le peloton de tête du palmarès de L’Actualité.


Par ricochet :

Une étude contredit les hauts standards de performance

Il n’y a pas que les notes qui comptent

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