edu-ressources vs les blogues


Abstraction faite des escarmouches qui tirent en rafale sur la réforme depuis quelque temps, je m’intéresse aussi aux moyens utilisés. Clément avait fait remarquer, déjà, que les échanges avaient bifurqué de la liste de diffusion edu-ressources vers les blogues. Le phénomène est intéressant en soi. Je constate d’abord que les défenseurs de l’instructionnisme ont préféré s’en tenir aux moyens plus traditionnels de la presse écrite et plus centralisateurs de la liste de diffusion, tandis que les tenants de la réforme ont opté pour les blogues (ceux qui en possèdent un, à tout le moins), plus décentralisateurs. Ce n’est pas un jugement, mais une observation. …

Je constate également que le débat, après qu’il ait débordé dans la blogosphère, a fini par gagner la quasi-totalité des membres de ma communauté éducationnelle. Clément, Mario, Stéphane, Sacco, André et moi-même avons tous marché au front, quoique chacun pour soi. D’autres ont intercédé par leurs commentaires. Et je ne compte pas tous ces autres blogueurs qui ont mis leur grain de sel, mais dont j’ignore malheureusement l’existence. La discussion a même gagné le blogue Jasons réforme. Quoique les interventions des blogueurs paraissent désorganisées, elles n’en démontrent pas moins la force de la communauté, une force qui dépasse les actions individuelles et qui fait rapidement intervenir les volontaires dès que la situation l’exige. C’est une association qui s’accommode du chaos.

Les blogues ont cette particularité de créer un espace d’expression où l’on se sent comme chez soi. On finit par s’y mettre à l’aise. Il y est plus facile de dire ce qu’on pense que dans une assemblée, ce à quoi s’apparente une liste de diffusion comme edu-ressources. J’aime bien avoir mes idées à portée de la main ; je m’y retrouve plus vite et je synthétise plus facilement. Et franchement, je trouve que certaines des discussions sur les blogues ont gagné, avec les commentaires, à être rassemblées dans une même page.

Il y a des avantages certains à utiliser une liste de diffusion comme edu-ressources pour ce genre de débat. La centralisation des échanges et la délimitation de l’arène ne sont certes pas les moindres. De plus, l’information est archivée dans un ordre chronologique. Cependant, il faut reconnaître que les archives d’edu-ressources ne sont pas facilement accessibles ; je n’y suis arrivé ni par le biais du site du RTSQ, ni par une recherche sur Google. Par ailleurs, j’ai vivement l’impression que le ton, dans l’ensemble, est resté plus courtois dans la liste de diffusion que dans certains blogues.

Alors, pourquoi est-ce que je n’ai pas fait connaître mes opinions par l’entremise d’edu-ressources ? Foncièrement, parce que je ne crois plus aux discussions en vase clos quand le sujet est d’ordre public. Aussi irritant que cela puisse être pour l’individu, je reste persuadé que la communauté, à la longue, s’en portera mieux.

Je dois confesser, cependant, que j’ai fait une tentative d’envoi à la liste d’edu-ressources. Curieusement, le message, pourtant anodin, n’a pas été distribué. A-t-il été filtré ? Je n’en sais rien. Mais le fait que certains messages n’apparaissent pas aux archives (Clément en a aussi fait la remarque) m’inquiète tout de même un peu.

Enfin, un dernier constat, bien triste tout de même : ni la liste de diffusion, ni les blogues ne semblent avoir réussi à rapprocher les partis. Somme toute, on n’est pas plus avancé.


Par ricochet :

La recherche connective

Étude quantitative (socioconstructivisme)

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2 réponses

  • Belle synthèse François. Merci d’avoir pris le temps de formuler tout ça.

    Personnellement, je ne peux pas dire que j’ai trouvé les échanges dans la liste plus courtois que dans les carnets.

    Par contre, je pense qu’on peut dire hors de tout doute, que malgré le peu de rapprochement des positions, la réflexion collective sur la réforme a progressé considérablement plus « sur le terrain des carnets » que sur celui d’edu-ressources.

    C’est une opinion.

  • Je suis aussi d’avis que la « réflexion collective sur la réforme a progressé considérablement plus “sur le terrain des carnets” que sur celui d’edu-ressources. » Je peux seulement répondre pour moi, mais il est évident que mon point de vue sur les fondements pédagogiques de la réforme s’est considérablement enrichi. Je dirais même qu’il a évolué. Et je ne serais pas étonné que tous les blogueurs qui ont mis le pied dans l’arène en aient fait autant.



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