L'école, lieu d'éducation ou d'Éducation


Si les jeunes d’aujourd’hui sont différents de ce que nous étions, c’est parce que nous avons changé l’environnement dans lequel ils évoluent. N’est-ce pas les baby-boomers, après tout, qui ont débridé les moeurs, déserté les églises, puis succombé aux muses de la consommation ? Dans notre course effrénée au matérialisme, nous avons préféré déposer les enfants dans des garderies afin de cumuler les emplois. Jusqu’à ce que la famille éclate. …

Je ne blâme personne. Je constate. Mais toujours est-il que la relation entre jeunes et adultes n’est plus la même. Érosion de l’autorité, causée sans doute par l’égocentrisme des parents et le refus collectif d’intervenir résolument. Du coup, la responsabilité d’Éduquer les jeunes a été reléguée à l’école. Le flambeau semble avoir été échappé au passage.

Heureusement, tout enseignant qui se respecte ne se contente pas d’enseigner son programme d’éducation. Il accorde la priorité à l’Éducation, c’est-à-dire au développement global et social. Mais comment peut-il réussir avec plus de 30 élèves là ou deux parents n’ont pas réussi avec seulement un ou deux enfants ? Sans compter qu’il est généralement laissé à lui-même, dépourvu de ressources ou de formation particulière autres que sa volonté et son jugement. Et naturellement, tout cela est en sus de sa charge de travail professionnelle. De plus, il s’échine dans une école aux méthodes et aux technologies caduques, dont les élèves se foutent de plus en plus. Elle est restée l’école de leurs parents (que plusieurs parents prennent d’ailleurs plaisir à dénigrer), mais dépourvue du lien affectif qui pourrait encore tenir lieu de ciment.

À la longue, la fatigue cède à l’écoeurement. Un peu de reconnaissance de la part de la population, des gouvernements ou de son directeur suffirait sans doute à lui faire tenir le cap. Mais cela aussi fait défaut. Faut-il s’étonner, dans ces conditions, que tant de jeunes enseignants quittent le métier ? À leur place, je ferais la même chose.

Le besoin d’Éduquer les jeunes est pressant. Le nouveau Programme de formation de l’école québécoise s’y attaque dans chacun de ses trois grands domaines : Ordre personnel et social (compétences transversales), Vivre-ensemble et citoyenneté (domaines généraux de formation), Développement personnel et Univers social (domaines d’apprentissages disciplinaires). Mais dans une culture d’enseignement où tout est compartimenté et disséqué comme dans un laboratoire, je crains que tout cela se termine sur un brûleur.

Je termine avec cette pensée de Mike Baker, chroniqueur de l’éducation pour la BBC : Amid all the understandable concern about discipline in schools, it is perhaps worth asking whether the more the state, and the school, takes on the role of the parent, the more some parents may abdicate their responsibilities? (BBC : Schooling beyond the curriculum)

Par ricochet :

La tyrannie des adolescents

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