Comment les médias sociaux stimulent ma mémoire

petersenmemoryLa mémoire la plus profonde est une mémoire de toute notre destinée. (Jean Guitton)

La mémoire, malheureusement, ne se commande pas. Il faut reconnaître notre faible empire sur cette contrée de l’intelligence. Au mieux réussit-on à cultiver aléatoirement certains souvenirs. On ne passe pas son temps, après tout, à déterminer ce que nous retenons, sauf peut-être l’école dans son déterminisme. La nature ne nous accorde pas ce pouvoir de décision. Malgré quelques stratégies de mémorisation, la chimie neuronale demeure souveraine au regard des sujets.

En amont de la pensée, le cerveau réagit principalement à des stimuli. Force m’est de reconnaître que les nouvelles technologies de la communication ont considérablement transformé la qualité des stimuli que j’absorbe, tant par leur substance que leur nombre. Emportée par le flot, l’information devient plus précaire. Néanmoins, je reste fasciné par les moyens dont ces mêmes moyens de communication pallient l’hécatombe mnémonique, comme s’ils contenaient leur propre antidote.

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Dopage intellectuel ou dopage intelligent?

zhudrug2Non loin est le jour où le dopage ne sera rien de plus qu’un moyen de s’élever… à la moyenne. (Mathieu Harvey)

Plusieurs facteurs concourent à l’évolution des psychotropes qui agissent sur la performance intellectuelle. J’accuse principalement les percées en neurologie et en pharmacologie, la pression sociale au regard de la performance, et la primauté de l’économie sur l’éthique. Heureusement qu’il existe des institutions comme l’UQAM pour discuter de la question sur la place publique. Ayant déjà exprimé mon opinion sur l’utilisation de psychotropes à des fins intellectuelles, je participerai jeudi à un débat public où je m’exprimerai en tant qu’éducateur (Coeur des sciences : Vers la performance à tout prix – Le dopage intellectuel).

Pour faire le point sur l’usage des psychotropes de synthèse, je serai accompagné d’Éric Racine, directeur de l’Unité de recherche en neuroéthique à l’Institut de recherche clinique de Montréal (IRCM), et Marc-André Bédard, professeur de psychologie à l’UQAM et chercheur au Centre de neuroscience de la cognition. Considérant la délicatesse du sujet, je serais fort aise de connaître les opinions de ma blogosphère. Je vous saurais gré d’exprimer votre avis en commentaire ou sur votre carnet.

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Synthétiser les bribes virtuelles

LonvigPuzzle.jpgIl n’y a pas de synthèse : il n’y a que le discontinu.
(Jules Renard)

Pourquoi tant de brouhaha autour des réseaux sociaux, des folksonomies et du partage de l’information? Parce que, en dépit des exceptions, l’intelligence individuelle porte préjudice à la majorité de l’humanité et que son salut réside peut-être dans la mise en commun de la pensée et de l’activité plutôt que l’égocentrisme. Peut-on seulement imaginer la quantité phénoménale d’idées inavouées qui se sont volatilisées au fil du temps? Aujourd’hui, les nouvelles technologies permettent non seulement de mailler cette activité, mais aussi de la synthétiser, comme un cortex planétaire. Une démonstration s’impose.

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La courbe de l’oubli

DaliPersistenceMemoire.jpgUn rêve sans étoiles est un rêve oublié. (Paul Éluard)

Ceux qui comptent sur la mémoire jouent avec le feu. Car le cerveau consume l’information avec une efficacité infernale. Par conséquent, les élèves n’ont pas seulement besoin de méthode pour optimiser la mémorisation, mais aussi de motivation. Tant mieux si on peut faire d’une pierre deux coups en utilisant la courbe type d’oubli pour les conscientiser à l’importance de la méthode (Smartkit : Learning Strategies: How one study tip can dramatically improve your memory).

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Les filles se croient-elles moins intelligentes?

Ce peut-il que les jeunes adolescentes ont l’impression d’être moins intelligentes que les garçons ? Après tout, 15 ans est un âge où les filles sont tiraillées par les hormones sexuelles et très préoccupées de leur réseau social, peut-être plus que l’école. Après tout ce qu’on entend sur la supériorité des jeunes filles à l’école, d’ailleurs confirmée par les résultats scolaires, et après avoir longtemps observé leur avantage marqué sur le plan de la maturité physique au début de l’adolescence, un événement récent m’a laissé songeur. J’en suis venu à me demander si les jeunes filles, en dépit de résultats scolaires supérieurs, ne se percevaient pas comme moins intelligentes que les garçons.

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L’apprentissage informel

On sous-estime l’importance de l’apprentissage informel en éducation, c’est-à-dire tout ce que nous enregistrons en dehors du formalisme des institutions scolaires et consolidé par socioconstructivisme. Certains fixent à 75 % le taux des apprentissages qui sont faits à l’intérieur du milieu de travail, à l’écart d’un cadre formel de formation. Marcia L. Conner fait une excellente synthèse de cette forme d’apprentissage, avec graphiques et bibliographie à l’appui, dans Informal Learning.

J’y vois une raison additionnelle d’accorder aux élèves plus de liberté dans la découverte du monde. Cela ne signifie pas pour autant de les encourager à la fainéantise. La jeunesse est trop vite passée, et le temps d’apprentissage trop précieux, pour les abandonner à leur sort. Il s’agit plutôt de stimuler leur curiosité en les plaçant dans un environnement riche en affordances. Du coup, les bibliothèques sont des endroits tout indiqués, et quasi désertés de nos jours, pour faire des découvertes inusitées.


Par ricochet :
La part de l’informel dans l’apprentissage
Apologie de l’incertitude
Une petite place pour le hasard