iPad à l’école : avantages et inconvénients

Rien ne dure toujours, nous sommes voués à la nouveauté. (Isabelle Chenebault)

Au constat de leur retard en technologies de l’information et de la communication (TIC), plusieurs écoles tentent de s’y retrouver dans la panoplie des nouveaux outils. En plus des ordinateurs portables et des tableaux blancs interactifs, il faut désormais compter sur le iPad.

L’importance du besoin fait en sorte que je ne lésine pas sur les outils de communication et d’apprentissage. Je bosse sur un ordinateur de bureau, un portable, et un smartphone. Depuis que j’utilise un iPad, cependant, je suis envoûté. Je dois me rendre à l’évidence : le moins cher de mes ordinateurs est aussi mon complice de prédilection. D’autres ne résistent guère mieux.

L’iPad tarabuste l’éducateur en moi. Sa singularité ne procure encore que des tentatives éparses dans les écoles, quoique quelques expériences collectives verront bientôt le jour (Ars Technica : iPad goes under the gauntlet at universities this fall). Néanmoins, je constate tous les jours ses propriétés éducatives. Histoire d’amorcer la discussion, je propose d’examiner les avantages et les inconvénients du iPad à l’école.

(Lire la suite…)

Injonction pour museler une blogueuse

govesilenceL’idée qu’un autre monde est possible est quand même plus stimulante que l’injonction de se résigner au désordre des choses! (Ségolène Royal)

Mise en garde : Le contenu de ce billet est sujet à caution. Le lecteur est prié de tenir compte des mises à jour, au bas du billet, ainsi que des commentaires.

Les blogueurs sont de tout acabit. Leur unanimité tient uniquement à la défense de la liberté d’expression. Naguère, ils faisaient corps pour porter secours à l’un des leurs. L’avenir nous dira si ce flambeau est toujours haut porté. Il y eut bien quelques remous dans la twittosphère à l’annonce d’une injonction de non-publication à l’endroit d’une blogueuse, mais en l’absence des faits on retenait son jugement. Toutefois, quelques gazouillis ne sauraient faire trembler un rugissement.

Depuis quelques jours, je suis avec intérêt la mésaventure de Marielle Potvin, l’auteure et animatrice du blogue Math et Mots. Récemment, on lui a servi une injonction l’enjoignant de ne plus communiquer avec son lectorat « par le biais de ce blogue ou par toute autre forme de communication. » [désaccord]

(Lire la suite…)

Comment les médias sociaux stimulent ma mémoire

petersenmemoryLa mémoire la plus profonde est une mémoire de toute notre destinée. (Jean Guitton)

La mémoire, malheureusement, ne se commande pas. Il faut reconnaître notre faible empire sur cette contrée de l’intelligence. Au mieux réussit-on à cultiver aléatoirement certains souvenirs. On ne passe pas son temps, après tout, à déterminer ce que nous retenons, sauf peut-être l’école dans son déterminisme. La nature ne nous accorde pas ce pouvoir de décision. Malgré quelques stratégies de mémorisation, la chimie neuronale demeure souveraine au regard des sujets.

En amont de la pensée, le cerveau réagit principalement à des stimuli. Force m’est de reconnaître que les nouvelles technologies de la communication ont considérablement transformé la qualité des stimuli que j’absorbe, tant par leur substance que leur nombre. Emportée par le flot, l’information devient plus précaire. Néanmoins, je reste fasciné par les moyens dont ces mêmes moyens de communication pallient l’hécatombe mnémonique, comme s’ils contenaient leur propre antidote.

(Lire la suite…)

YouTube et le multimédia

sieverdingvisualstudiesvLe spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images. (Guy Debord)

La vidéo est partout. Les ordinateurs, les panneaux publicitaires et les mobiles s’animent. La presse écrite a compris que son jumeau virtuel ne saurait s’en passer. De fait, la vidéo constitue à ce jour la forme de communication qui reproduit le plus réalistement le monde tel que nous le percevons. Seule la technicité en a ralenti le développement populaire, au profit des autres moyens de communication. Cette difficulté, pendant les millénaires où elle relevait de l’impossible, a certes contribué à l’essor de l’écriture.

Guidés par l’instinct, les jeunes réagissent spontanément à la réalité. Comme les adultes, ils succombent à l’attrait de la vidéo. Sans l’habitude du texte, toutefois, ils s’y abandonnent naturellement. Or, si les récentes générations se réfugiaient dans le cinéma et la télévision, la toile met désormais chaque internaute aux commandes de l’écran.

(Lire la suite…)

Les blogues d’enseignants ont-ils une valeur pour la recherche?

denningappliancescienceL’idéologie guette la science en chaque point où défaille sa rigueur, mais aussi au point extrême où une recherche actuelle atteint ses limites. (Louis Althusser)

Je lis présentement Conflits de savoirs en formation des enseignants : Entre savoirs issus de la recherche et savoirs issus de l’expérience, une très intéressante collection de textes, sous la direction de Philippe Perrenoud et coll., qui témoigne entre autres de la complexité d’analyser la profession enseignante. Malgré la contemporanéité, la véracité et la perspicacité du propos, tout comme les allusions aux chercheurs québécois, j’ai subitement été sidéré par ce passage de la plume de Danielle Bonneton :

La pratique n’est guère plus facile d’accès à travers le récit. Les enseignants ont peu d’occasions de discuter, de confronter leurs pratiques, ou ils ne les saisissent pas, par peur du jugement. Même si la profession évolue, les enseignants favorables au partage des pratiques ne peuvent expliciter leur action que jusqu’à un certain point, faute de temps, de mots, d’outils, de distance.

(Lire la suite…)

La sexualisation des jeunes

ostretsovsexLe sexe sans péché c’est comme un oeuf sans sel. (Carlos Fuentes)

La sexualité et l’apprentissage chez les jeunes suivent des voies concomitantes, en ce que l’un et l’autre s’émancipent du joug institutionnel. Ce faisant, elles perdent peu à peu leur caractère universel au profit de phénomènes générationnels. La jeunesse, emportée par la fougue, se distance malencontreusement des aînés, à qui l’expérience a appris la sagesse. Déboussolée, la vieillesse prêche une moralité souvent postiche. C’est le cas, il me semble, de la pornographie, une saleté dont on affuble tout ce qui touche la sexualité.

Le délicat sujet du sexe chez les jeunes me trotte dans la tête depuis quelque temps. Il suffit de côtoyer des adolescents pour y être exposé. Elle est si omniprésente qu’on y échappe plus. Quelques nouvelles récentes, dont un article rapporté par Florence Meichel (AgoraVox : Jeux pornographiques sur le net, attention danger!) et cet autre sur le sexting (Globe and Mail : Check out my hot bod: Wait, I can get that back, right?), n’ont fait qu’exacerber la question.

(Lire la suite…)